Le corps de la leader de la MAB, Nilce Magalhães,retrouvé au nord du Brésil

Publié le 29 Juin 2016

Nilce Magalhães a disparu depuis janvier; elle dénonçait les violations des droits de l'homme par les compagnies hydroélectriques.

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(Le 27 Juin 2016) Le corps de Nilce de Souza Magalhães, leader du Mouvement des Affectés par les Barrages (en portugais, Movimento dos Atingidos por Barragens – MAB), a été trouvé le mardi (21) dans le lac du barrage de l'usine hydroélectrique de Jirau, dans la ville de Porto Velho, la capitale du Rondônia (RO) – une région du nord du Brésil.

La militante, disparue depuis le 7 janvier, avait les mains et les pieds liés avec une corde et attachée à une pierre. Elle a été trouvée par des travailleurs de la centrale hydroélectrique à 400 mètres de son ancienne maison, dans un campement de pêcheurs sur la rivière Mutum.

Les filles de Nilce ont été appelées à l'Institut Médical Légal pour reconnaître le corps. Cependant, la confirmation ne se fera qu' avec le résultat de l'examen d'ADN, dans à peu près 15 jours. Selon des informations offertes au mouvement, une action politique en hommage à Nilce sera appelé à Porto Velho.

Le militantisme

La leader était connue dans la région pour dénoncer les violations des droits de l'homme commises par le consortium responsable de la centrale hydroélectrique de Jirau, appelé énergie sustentable de Brasil (ESBR).

Les plaintes ont généré deux investigations civiles qui sont réalisées par les ministères publics fédéral et d'état. L'un est sur la non réalisation du Programme d'appui à l'activité de pêche et l'autre, du caractère criminel, en fonction d'une manipulation des données dans les rapports de surveillance.

Nicinha, comme elle était connue, a été vue pour la dernière fois dans la tente de toile où elle vivait avec son compañero, Nei, dans un campement avec d'autres familles de pêcheurs, dans la région de “Velha Mutum Parana”.

Il y a à peu près deux mois, Edione Pessoa Da Silva, un prisonnier, a avoué l'assassinat de la militante, et il a fui de la prison pénitentiaire“Edvan Mariano Rosendo”, également située à Porto Velho (RO), où il était détenu.

Une augmentation de la violence

En 2015, la violence sur le champ est revenue aux niveaux historiques au Brésil, ayant enregistré 50 morts sur tout le territoire national. Seulement au Rondônia c'était 20 assassinats et 3.928 conflits pourla lutte à cause de la dépossession de terres, selon le rapport de la commission pastorale de la terre (CPT).

Il y a encore 23 personnes qui sont sous menace de mort et quatre tentatives d'assassinat ont été enregistrées. Dans le même contexte, il y a plus de 3000 conflits pour la question de l'eau dans tout le Brésil.L'organisation de défense des droits de l'homme Amnistie International a qualifié ces données comme une “épidémie d'homicides”.

Traduction carolita d'un communiqué de la Via campesina du 28 juin 2016 :

Rédigé par caroleone

Publié dans #ABYA YALA, #Brésil

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