Australie : Le massacre de Myall creek

Publié le 10 Juin 2016

Un crime du colonialisme ordinaire mais qui cette fois sera puni.

Commis le 10 juin 1838 par des blancs sur des aborigènes alors que de tels assassinats n'étaient pas rares alors, celui-ci marquera plus grandement les esprits dans le fait que des coupables (blancs) seront jugés et condamnés à la peine de mort.

Australie : Le massacre de Myall creek

Cela se passait à Myall creek, un endroit proche d'Inverell en Nouvelles-Galles du sud (à 600 km environ de Sidney) sur les terres d'un éleveur de moutons. Un groupe d'hommes composé de 11 forçats (ceux-ci étaient nombreux alors en Australie à travailler sur les terres des colons) et d'un homme libre John Fleming décident d'opérer par représailles pour des vols de bétail et cherchent à rassembler des autochtones sans pour autant avoir fait quoi que ce soit pour trouver les coupables.

Ils réunissent 28 personnes, essentiellement des femmes et des enfants d'un groupe de 40 à 50 aborigènes campant dans la région, les emmènent derrière une colline, loin de la cabane et les assassinent.

Ils brûlent ensuite grossièrement les corps.

Lorsque le gérant de la station revient quelques jours plus tard il découvre les ossements et part déclarer l'incident à la ville. L'incident remonte jusqu'au gouverneur de Nouvelles-Galles du sud qui envoie au bout d'un certain temps un groupe de policiers pour enquêter sur le terrain. Ceux-ci découvrent alors les ossements calcinés regroupant les fragments d'une vingtaine de crânes et tous les ossements permettent de conclure qu'au moins 27 personnes ont été tuées à cet endroit.

Après 47 jours d'enquête, la capture des 11 forçats condamnés, en dehors de Fleming, le policier revient faire son rapport.

L'affaire est jugée le 15 novembre 1838.

Australie : Le massacre de Myall creek

Les forçats sont représentés par des avocats payés par une association de propriétaires fonciers et d'éleveurs de la région des plaines de Liverpool. L'association des noirs (c'est ainsi qu'ils se nomment eux-mêmes) est représentée par un magistrat local.

Au cours de ce premier procès, un ouvrier de la ferme qui est le seul témoin blanc de l'affaire et le témoin de l'accusation raconte comment les 12 hommes ont attaché les victimes précisant que certains jeunes enfants et des vieux étaient incapables de marcher. Le fils d'un des détenus lui a même fait son épée couverte de sang. Son témoignage est soutenu par l'enquêteur qui a constaté les mêmes faits sur place.

Le jury après avoir délibéré 20 minutes, déclare les 11 hommes non coupables.

Un des jurés par la suite déclarera dans un journal que même si il estimait que les hommes étaient coupables, il ne pouvait pas condamner un blanc pour avoir tué un aborigène !

« Je considère les Noirs comme un ensemble de singes et plus vite ils seront exterminés de la surface de la terre, mieux ce sera. Je savais que ces hommes étaient coupables d'assassinat, mais je n'aurais jamais voulu voir un homme blanc pendu pour avoir tué un noir. »

Mais avant de faire remettre les hommes en liberté, le ministre de la justice ordonne que 7 des hommes soient jugés à nouveau pour l'assassinat des enfants qui faisaient partie du massacre alors démarre un second procès le 29 novembre 1838.

Le témoin-clé de l'affaire, l'ouvrier de la ferme va alors étoffer sa première déclaration en y ajoutant force détails et assurant qu'il ne cherchait pas de récompense pour son témoignage mais plutôt la "protection de la justice".

Les 7 hommes seront reconnus coupables et condamnés à être pendus, ce qui sera effectif le 18 décembre.

Même si ce n'était pas la premières fois que des colons étaient pendus pour un crime sur des aborigènes, c'était la première fois que les colons ont été reconnus coupables et pendus pour le meurtre prémédité de personnes autochtones et pour des questions de terres.

L'affaire fera grand bruit dans la population et ravivera les tensions entre blancs et aborigènes.

Les médias parfois prenant partie en faveur des coupables comme ici :

"toute cette bande d'animaux noirs ne valent pas l'argent que les colons devront payer pour l'impression des documents idiots de la cour sur lesquels nous avons déjà perdu trop de temps» (the Sydney morning herald).

Fleming, le blanc libre leader du massacre ne sera jamais capturé et il sera responsable d'autres massacres dans les plaines de Liverpool et en Nouvelle-Angleterre. Son frère également sera l'auteur de massacres dans le Queensland.

Mémorial

En 2001, un mémorial est dédié aux victimes du massacre. C'est un bloc de granit avec une plaque commémorative placée sur le lieu du massacre. Chaque 10 juin, une cérémonie a lieu pour se souvenir de cette horreur.

source wikipedia

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