P’tites bêtes de Bretagne : L’abeille noire d’Ouessant

Publié le 24 Avril 2016

Ça bourdonne à Ouessant

Sur un tapis de bruyère
Noire bretonne et fière
Bourdonne l’abeille d’Ouessant
Autour la mer moutonnant
La berce d’un écrin de diamant

La reine est sur le pied de guerre
Des intruses ? Halte-là !
Scientifiques aux abois
La perle a de quoi faire pavoiser
Toutes les abeilles du quartier

Son habitat est un palais
Son règne est une panacée
Si cette petite merveille survit
C’est un vrai don de la vie :
Alors ne le gâchons pas !

Carole Radureau (20/04/2016)

P’tites bêtes de Bretagne : L’abeille noire d’Ouessant

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Apis mellifica mellifica.

Abeille de pure race endémique d’Europe occidentale et provenant de souches bretonnes des monts d’Arrée, de la région des abers et de la Roche Maurice.

Son berceau : la Bretagne et les pays de Loire.

Sur l’île d’Ouessant dans le Finistère, 150 ruches produisent de 1 à 2 tonnes de miel par an.

Réintroduite sur une île exempte de tous produits phytosanitaires, la petite abeille noire bretonne intrigue les scientifiques et est porteuse d’un semblant d’espoir…..sauf qu’elle doit être protégée au sein de son écrin.

Petite chrono succincte

En 1978, les colonies d’abeilles peuplant l’île d’Ouessant avaient disparu depuis bien longtemps sans que la mémoire collective en garde trace.

Un passionné d’apiculture, M. Hellequin réintroduit cette même année deux colonies d’abeilles de l’écotype régional.

En 1987 il est rejoint par d’autres apiculteurs du continent soucieux de l’avenir de leurs colonies suite à l’invasion fulgurante du parasite varroa.

Les colonies des monts d’Arrée, de la région des Abers et de la Roche Maurice ont été sélectionnées pour se faire avant d’arriver sur l’île d’Ouessant.

L’océan constitue une barrière d’une vingtaine de kilomètres et l’on espère que l’envahisseur ne passera pas.

P’tites bêtes de Bretagne : L’abeille noire d’Ouessant

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Le rucher conservatoire prend forme puis l’association de l’abeille noire bretonne « Kevredigezh Gwenan Breizh « en 1989.

La sélection continue avec différents principes stricts :

Élimination des souches qui ne correspondent pas aux critères de l’espèce, interdiction de tous patrimoine génétique exogène pour éviter toute hybridation, mesures drastiques pour éviter toute contamination ou importation de virus ou de l’acarien en question, le matériel entrant doit être neuf, le matériel des équipements usagers ne sont plus tolérés.

En 1995, avec le monde scientifique se met en place la carte d’identité de l’écotype breton de l’abeille noire, à l’aide de mesures biométriques et de l’étude des souches.

En 2005, création d’un rucher à Menez Meur (29) en partenariat avec le parc régional d’Armorique.

En 2006, le CNRS indique que l’abeille noire d’Ouessant est la seule race pure de la lignée en France. Le conservatoire en a constitué 150 colonies.

P’tites bêtes de Bretagne : L’abeille noire d’Ouessant

Par Daniel Plazanet (Daplaza) — Photographie personnelle - More of my pictures (Attribute - Share Alike) on Flickr, CC BY 2.5, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=1671867

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P’tites bêtes de Bretagne : L’abeille noire d’Ouessant
Qui est-elle ?

On la dit douce et sereine…

Résistante et puissante…

Parfaitement adaptée à la flore et au climat breton….

Sa pigmentation sombre lui permet de mieux absorber les rayons solaires. Avec l’aide de ses longs poils et cette capacité résistante elle peut récolter le pollen par mauvais temps.

Elle travaille dans le vent, transporte d’importantes quantités de pollen.

Grâce à sa grande taille elle a de plus grandes capacités.

Elle peut se rendre de 3 à parfois 10 km à la ronde pour butiner.

La flore de l’île est indemne de l’agression chimique, aussi l’abeille butine-t-elle du pollen de grande qualité.

Ses atouts
  • Capacité d’adaptation
  • Rusticité
  • Grande taille, plus grande accumulation de graisse lui permettant de gérer le frois
  • Grande stabilité sur le cadre de la ruche
  • Comportement doux et serein sur les îles (elle semble plus agressive sur le continent)
  • Race pure indemne du varroa, de la loque américaine et de viroses.

Le conservatoire est occupé actuellement à éviter l’installation de ruches en projet sur l’île de Molène entre Ouessant et le continent.

Cette installation de ruches pourrait être fatale à la préservation de la race pure bretonne en apportant des maladies et des parasites, en permettant une hybridation qui serait possible géographiquement parlant et non souhaitable.

Les organismes de protection

Association conservatoire de l’abeille noire bretonne

la suite en liens ci-dessous

Rédigé par caroleone

Publié dans #Les animaux de caro, #Nos amies les abeilles

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A
Un sujet passionnant. Je viens de regarder les vidéos, ces hommes se sont engagés dans un travail de longue haleine mais les résultats sont déjà probants. Dans l'interview, il dit qu'ils gênent, c'est évident qu'aucun crédit ne sera alloué pour prouver que les pesticides, qui rapportent tant de fric sont en train de nous faire crever.
Je crois que l'exemple des petites abeilles Bretonnes démontre cela parfaitement et que l'on devra faire la même chose partout si l'on veut sauver non seulement les abeilles mais toute la planète, humains compris.
Merci Caro, tous ces efforts et les petites abeilles méritent bien le poème explicite que tu leur dédies.
C
C'est peu de chose ce que j'écris en comparaison, mais c'est un soutien et les abeilles m'inspirent toujours.
Je crois qu'il faut abattre les barrières et retourner au naturel sauf que je ne sais pas si cela ne profitera pas qu'à des privilégiés. Quand je vois les trésors d'ingéniosité, de technologie , de temps et d'argent déployés pour sauver certaines espèces de la disparition je me dis que l'homme aurait été mieux inspiré en réfléchissant aux conséquences de ses actes en amont, lui qui peut tout, sait tout, prévoit tout.