Tant s’écoule le temps

Publié le 12 Mars 2016

« Où trouver une cloche
Qui tintera au fond de tes rêves ? »

Pablo Neruda (Le livre des questions)

La nacre aux veines endormies
Écoute l’écho dans l’oreille d’un coquillage
Elle entend la cloche de l’orange
Qui tinte la chanson de l’ortolan
Qui un soir de grand orage
A pleuré des larmes couleur d’argent.

Dans la sombre béatitude
D’un bois naissant de son écho
La petite pousse tendre et mûre
Sans un cil a terminé son tricot
Sa dentelle est toute échevelée
Son écriture est tourment
Dans une petite poche ronde, cachée
Elle tient un mot tout tendrement.

Il pleut des fruits d’or
Nos têtes sont perfusées d’étoiles
Et dans un champ des étincelles
Se prennent pour des gazelles
Il est venu le temps d’attendre
Et puis le temps d’espérer
Celui de regarder sans comprendre
Les jours passés
De tant s’écouler
Il est venu le temps d’écouter
Si la cloche sait décompter le vent
Il est temps de venir rêver
Au réveil trop lent du printemps
Dans sa coquille de nacre
Une fougère dévêtue
Attend son habit de miracle
Pour aller dans la vie
Détendue
Aller pieds nus sur un chemin de pierre
Ses mots légers glissant, prospères
Sur l’onde pure d’un désir d’été.

Carole Radureau (11/03/2016)

Rédigé par caroleone

Publié dans #Mes anar-poèmes, #Fragments de Neruda

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A
Superbe! C'est peut-être ce que nous ne savons plus faire: laisser du temps au temps, s'arrêter, se taire, écouter...
C
Je fais partie des privilégiés qui ont du temps devant eux et pourtant je le surveille, je le vois s'écouler mais chaque jour les jours se ressemblent et je me fais la sensation d'avoir vécu le double de mon âge, d'être un escargot qui porte sur le dos une carapace de tortue et ça m'inquiète pour la suite du coup d'être déjà autant chargée.