Lettre ouverte à monsieur le préfet de la Région Bretagne, Patrick Strzoda

Publié le 28 Mars 2016

À l'image des violences policières perpétrées le 17 mars lors de la mobilisation massive contre un projet de loi inique, amplifiant notre précarité, le 24 mars n'a pas échappé à la répression.

Les jeunes ne sont pas dupes. Qu'ils soient lycéens, étudiants, ou jeunes travailleurs, ils ont en effet bien compris que ce projet de loi, dit loi travail, sorti tout droit des tiroirs du MEDEF porte en lui la casse du droit du travail, une augmentation du temps de travail, une baisse des salaires, une facilité donnée aux chefs d'entreprises de licencier avec pour seule justification une baisse du chiffre d'affaire. En bref donner tout pouvoir aux entreprises d'utiliser à leur guise une main d’œuvre pas chère et corvéable, pour augmenter leurs profits : faire, des salariés, de la chair à patron, travailler plus pour gagner moins.

Aujourd'hui, le chômage des jeunes de 18 à 24 ans reste proche des 25 %, le taux de pauvreté est à 20 %, 23,7 % des diplômés du supérieur depuis 1 à 4 ans sont sans emploi. Par ailleurs, 1,9 millions des jeunes sont sans formation ni qualification. Ce projet de loi s'inscrit dans la lignée des nombreux renoncements de François Hollande qui avait fait en 2012 de la jeunesse, sa priorité.

Cette jeunesse qui galère, qui s'inscrit dans un sas de précarité, qui a peu ou pas de perspectives d'avenir, qui sans arrêt se fait matraquer dans les médias, par des Sarkozy, des Valls, des Macron, fait peur au gouvernement. Cette jeunesse se révolte. Elle se mobilise face aux violences sociales, pour les droits et la dignité des travailleurs.

Le 24 mars dans toute la France, la rue a grondé. Nous étions plus de 500 000 jeunes, étudiants, lycéens, travailleurs aux côtés des syndicats pour scander notre mépris de ce projet de loi, demander des mesures immédiates, concrètes et efficaces telles que le partage du temps de travail avec notamment les 32h ainsi que le CDI comme norme d'emploi.

Le 24 mars, dans de nombreuses villes, et notamment à Rennes, les manifestants ont été la cible des forces de l'ordre.

Le 24 mars, à Rennes, on dénombrait près de 5000 manifestants. Le nombre de policiers, personnels de la BAC ou CRS était impressionnant, leur déploiement était massif dans toute la ville. Leur présence en elle même relevait d'une volonté d'entraver toute velléité de contestation et de revendication. Ils ont notamment divisé le cortège en trois (séparant de fait les étudiants des travailleurs) et empêché l'accès à la mairie à une partie de la manifestation dans le but de faire monter la pression. Cela a causé des altercations et s'est terminé calmement par un sit-in place de la mairie en attendant les autres parties du cortège. Lorsque les trois cortèges ont réussit à se réunir, la manifestation est repartie calmement. Cependant à de nombreuses reprises les CRS ont empêché l'accès à certaines rues de la ville, ont encerclé les manifestants, ont utilisé intempestivement des grenades lacrymogènes et des flashball, ont chargé, ont cherché à casser le cortège afin d'arrêter des manifestants. Par exemple, près du parc du Thabor, les CRS ont chargé les manifestants comme ils savent si bien le faire, en les intimidant avec des grenades, entraînant la panique générale, tout le monde s'est alors dispersé et une vingtaine de personnes dont des camarades se sont retrouvés sur le parking juste devant le parc. Les CRS ont avancé et les ont pourchassés à l'intérieur. Ils ont pu plus tard rejoindre le cortège.

Les manifestants ont par ailleurs été poursuivi jusqu'aux alentours de 16h aux portes de l'université Rennes 2. Il s'agit d'un harcèlement physique et moral des forces de l'ordre à leur encontre.

Lors de la manifestation, une lycéenne a été blessée à la tête suite à un tir de flashball, une autre s'est cassée le poignet. Par ailleurs une étudiante de Rennes 2 aurait été victime de violences policières après la manifestation en rentrant chez elle. Elle aurait en effet été matraquée par un policier en civil à son arrêt de bus. Nous avons également pu noter la présence de policiers et de bakeux en civil masqués lors de cette manifestation et pendant la soirée.

Dans nos lieux de vie, d’étude et de travail on nous divise plus que jamais et les inégalités en tous genres explosent. Le gouvernement s'enfonce dans une dérive sécuritaire. L’état d’urgence est synonyme de privations de libertés, de violences policières et de relégation de la justice au second plan notamment lors des comparutions immédiates lors desquelles les procédures sont expéditives. Nous condamnons fermement ces violences policières perpétrées dans le but de stopper la mobilisation. Nous ne demandons rien de plus que les libertés de circulation et d'expression, nous continuerons malgré les évènements à lutter contre cet état d'urgence qui est actuellement utilisé par les pouvoirs publics afin de réprimer les mouvements sociaux.

Nous dénonçons fermement monsieur le Préfet, toutes les violences policières perpétrées par les services de l'ordre depuis le début du mouvement. Par ailleurs, nous tenons à vous rappeler que vous devez être le garant de la sécurité des manifestants et des mineurs.

Salutations,

Le mouvement des jeunes communistes d'Ille et Vilaine.

Rédigé par caroleone

Publié dans #La jeunesse est dans la rue, #manifs, #Répression

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