Hauteurs

Publié le 17 Mars 2016

Hauteurs

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Par Martin St-Amant (S23678) — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=8124183

Viens naître avec moi mon frère
Disait le poète dans son poème élevé et relevé
Viens prendre cette hauteur
Qu’un jour je trouvais
Au détour de l’introspection
Cette mission qui n’était pas impossible.
Avec moi tu liras dans les lignes des feuilles
Des textes au semblant d’étoiles
Avec des codes aux allures de bleuets.
L’étoile du berger a étoilé son propos
Elle a tissé une auréole
En a fait une couverture de madras
La lune a mis ce soir sa robe de métal
Toute imprégné de poissons aux écailles d’oraison
Elle chante le son de Nicolas Guillen
Se balance telle une mulâtresse
Au son du son qui répète avec entrain
Le refrain de la négritude
La terre a décidé de se faire une beauté
En buvant une tasse de thé d’opale
Et en déjeunant d’une tartine de pierre
Toute enrobée de nèfles des bois
Dans le ciel une petite chouette a décidé
De devenir végétarienne
Et dans ses serres
Bien serrées
Elle tient son trésor : un bouquet de glands séchés
Pour autant
Nul ne sait si sa nichée
Sera heureuse de cette offrande
Avant
Je vivais au ras du sol
J’étais du niveau des lombrics
Je ne voyais que terre remuée
Pas perdus
Et colifichets
Avant
Je ne savais plus trouver la lumière
Voir de l’avant et aller de l’avant
Je ne savais plus
Me tenir forte, ériger mon propos
Comme une silhouette de fer
A toute épreuve,
Rôdée,
antirouillée
Depuis que je suis le sosie du condor
Je prends de la hauteur
Et t’emmène avec moi
Compagnon de route
Dans mon sillon
J’enrobe ta solitude d’une couverture de tricot
Toute rapiécée de carrés multicolores
J’enrobe ton cœur
D’une cape de chèvrefeuille
Avec un trésor de graines caché en son opercule
Je saisis ta main
Elle est moite et tremblante
J’en ferais une main de pierre douce et aimante
Forte comme des serres
Vivace comme une plante qui vit de peu
Vive comme une truite d’argent fier
Vivifiante comme un lit qui reçoit dans son rêve
Un corps
Débarrassé
De toutes ses tensions.
Viens naître avec moi mon frère
Dans les hauteurs l’air est aigue-marine
Et dans les profondeurs de ton être
La chanson est écrite sur un nuage de coquelicot.

Carole Radureau (29/02/2016)

Rédigé par caroleone

Publié dans #Mes anar-poèmes, #Chanson du monde

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A
comme c'est joli et poétique "un nuage de coquelicots".. et tellement symbolique aussi. Contente de lire l'un de tes poèmes, y avait longtemps!
C
Merci à toi.
Ce poème date un peu et en ce moment ce n'est pas ça. Je ne suis pas d'attaque et la muse doit être de même. Je ne sais pas si ça va revenir. Peut-être avec le printemps, la primavera, ça peut le faire.