Les peuples du monde – Etat des lieux – La Guyane

Publié le 13 Janvier 2016

La Guyane française est le plus vaste et le plus forestier des départements français : 94% du territoire est recouvert par la forêt équatoriale.

Ses frontières sont partagées avec le Brésil et le Surinam.

La population de ce département français est concentrée à 80 % le long des 320 kilomètres de bande côtière de l’océan Atlantique.

L’arrière pays (90% du territoire) est couvert de forêts tropicales denses et souvent accessibles uniquement par la voie des airs ou par les voies fluviales que représentent les fleuves Maroni, Mana, Sinnamary, Approuague et Oyapock.

En 2014, la population de la Guyane française était de 255.309 habitants.

Il y a 25 groupes ethniques représentés parlant chacun sa propre langue.

Les Amérindiens et une population afro-descendante des anciens esclaves, des européens, des immigrants asiatiques et des ethnies issues de l’immigration récente (brésiliens, libanais, surinamiens et guyanais).

Les Amérindiens représente environ 5% e la population (entre 6000 et 9000 personnes).

Ils sont les descendants des plus anciens habitants du pays.

Ils représentent trois groupes de familles linguistiques distinctes : arawak, carib et tupi-guarani.

Les groupes Arawak :

  • PALIKUR – 720 personnes – Sud de la Guyane- Macouria, embouchure du fleuve Oyapock.

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  • LOKONO- 200 à 400 personnes- Zones côtières de l’ouest (Awala, Yalimapo, Paddock et Fatima, St Laurent du Maroni).

Les groupes Carib

  • KA’LINA (ou Galibi) – 3000 personnes - – Zones côtières de l’ouest (Awala, Yalimapo, Paddock et Fatima, St Laurent du Maroni).
  • WAYANA –1400–
  • APALAI – 50 personnes qui vivent avec les Wayana

Les deux peuples vivent dans le sud de la Guyane : Antécume-Pato, Elaé, Twenké).

Les groupes Tupi- Guarani

  • TEKO (ou Emerillons) – 250 à 400 personnes-
  • WAYAMPI – 400 à 600 personnes-

Les deux peuples vivent dans le sud guyanais, entre Maripasoula et Camopi.

Leur mode de vie est encore basé sur l’autosubsistance : chasse, pêche, agriculture sur brûlis, cueillette.

Depuis quelques années, les peuples amérindiens de la Guyane française cherchent à obtenir des droits territoriaux de la part du gouvernement français et à être reconnus en tant que « peuples distincts ».

La France ne reconnaît pas de droits territoriaux aux amérindiens et les territoires visés ont été classés domaines privés appartenant à l’état.

Pour l’état français, il n’existe pas, juridiquement parlant de « peuples distincts » en Guyane mais des « populations primitives » en 1952, ou des populations tribales « en 1970, ou bien encore des « amérindiens de la Guyane française » en 1984 et aussi des « communautés tirant traditionnellement leurs moyens de subsistance de la forêt » en 1987. Tout ceci pour éviter de parler de « peuples autochtones tout simplement.

Un décret (14 avril 1987) leur accorde une protection et permet au préfet de Cayenne de prévoir « la concesssion de zones de parcours ».

Les noirs-marrons ou Bushinengués sont plus de 10.000 personnes. Ils sont les descendants d’anciens esclaves surinamiens en rébellion qui étaient retournés dans la forêt.

Ils sont considérés tout comme les Amérindiens comme « les hommes du fleuve » car ils sont souvent piroguiers professionnels pour le transport des voyageurs.

  • BONI ou Aluku – rive droite du Maroni, Apatou, Papaïchton et Maripasoula

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  • N’DJUKA – 6000 à 10.000 - Rives du Maroni : St Laurent du Maroni, Apatou, Grand Santi, Kourou.
  • SARAMAKA – chiffre vague- St Laurent du Mmaroni/Kourou, rives de la rivière Tampoc et du fleuve Oyapock.

Ils parlent un créole à base d’anglais et du néerlandais du Surinam.

Orpaillage

La Guyane est gangrénée par l’orpaillage illégal et les principales victimes sont les peuples autochtones Wayana, Teko et Wayapi des régions du Haut‐Maroni et du Haut‐ Oyapock. Les zones de subsistance de ces populations sont gravement polluées par le mercure issu de l’activité des orpailleurs (même au sein du Parc Amazonien de Guyane). Les autorités ont officiellement recensé sur le territoire guyanais 771 sites illégaux (et plus de 12000 t ravailleurs clandestins, très majoritairement brésiliens). Depuis 2004, l’ONG Solidarité Guyane effectue des prélèvements dans les villages amérindiens Wayana du Haut‐Maroni pour déterminer leur niveau d'intoxication par le mercure. Les dernières analyses de novembre 2013 ont atteint des niveaux jamais vus antérieurement. Le taux moyen de mercure des adultes du village de Cayodé est de 14,49 µg/g de cheveu (soi t 3 fois le nouveau seuil maxi de l’OMS devant être abaissé à 5,5 µg/g). Ces populations sont en risque majeur et l es enfants sont les plus touchés. Bon nombre d’entre eux auront leur développement (physique et cognitif) irrémédiablement altéré. A ces problèmes de santé viennent s’ajouter des problèmes de sécurité (menaces de mort régulières par les orpailleurs), le pillage des abattis, la disparition du gibier et l a raréfaction du poisson. Les associations "Organisation des Nations Autochtones de Guyane" (ONAG) et "Solidarité Guyane" (ASG) ont, par l’intermédiaire de leur avocat‐ conseil Maître William Bourdon, adressé le 10/12/2013 un courrier au Préfet de Guyane ayant pour objet un ‘Recours préalable à une action en responsabilité contre l’Etat français du fait de la carence fautive de l’administration’ face aux multiple s préjudices subis par les populations amérindiennes du bassin du Maroni victimes de la pollution résultant de l’activité d’orpaillage.

MONDE AUTOCHTONE 2014

Sources : GITPA , axl-cefan-ulaval, cocomagnanville

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