Une nouvelle action en justice contre l'autorisation de continuer à polluer les terres Navajo près de Four Corner

Publié le 26 Décembre 2015

 

On December 23, 2015, in NavajosActivités et catastrophes minières, by Chris P

UNE POURSUITE EN JUSTICE CONTRE L’APPROBATION FEDERALE DE CONTINUER A POLLUER LA REGION DE FOUR CORNERS POUR DES DECENNIES

Par Shiloh Hernandez, Centre Légal pour l’Environnement de l’Ouest
Colleen Cooley, Diné C.A.R.E.
Mike Eisenfeld, Alliance Citoyenne de San Juan
Rachel Conn, Amigos Bravos
Taylor McKinnon, Centre pour la Diversité Biologique
Nellis Kennedy-Howard, Sierra Club

21 décembre 2015
Publié sur Censored News le 22 décembre
Traduction Christine Prat

PHOENIX, Arizona – Après des années de refus de la part des services du gouvernement américain de se préoccuper des dégâts causés par le charbon de la Centrale de Four Corners et de la ‘Mine Navajo’, des Diné (Navajo), et des groupes de préservation de l’environnement régionaux et nationaux viennent de s’allier pour entreprendre une action en justice, afin d’obtenir réparation pour les effets sur les communautés, le climat et les espèces menacées.

Aujourd’hui, les associations ont déposé une notification d’intention de poursuivre l’Office des Mines de Surface, le Service des Poissons et de la Vie Sauvage des Etats-Unis et d’autres administrations fédérales pour avoir approuvé la continuation de la Centrale de Four Corners et le Projet Energétique de la Mine Navajo en juillet. L’approbation prolonge l’existence d’une centrale et d’une mine existant depuis 52 ans – et qui sont parmi les plus notoires pour la pollution au charbon du pays – jusqu’en 2041, malgré les effets toxiques du charbon sur les communautés, le bassin hydrologique de la rivière San Juan, ses écosystèmes et ses espèces menacées.

« Alors que le reste du monde effectue la transition vers des formes d’énergie alternatives, la Centrale de Four Corners continue à bruler du charbon et continuera encore dans les 25 années à venir » dit Colleen Cooley, de Citoyens Diné Contre la Ruine de Notre Environnement. « Prolonger l’emploi du charbon condamne notre santé et l’eau, l’air et la terre autour de nous, et en plus, l’avenir économique de notre communauté, en nous empêchant d’investir et de faire la transition vers l’énergie propre. Même le précédent propriétaire de la Mine Navajo, BHP Billiton, s’est retiré de nombreux contrats de charbon sur toute la planète, parce que le charbon n’est plus économiquement faisable. »

La communauté et les associations de préservation ont dénoncé les déficiences béantes dans le rapport gouvernemental sur les effets de la Centrale de Four Corners et la Mine Navajo, entre autres l’analyse inadéquate des alternatives d’énergie propre au prolongement de l’utilisation du charbon, la prise en compte insuffisante de la pollution au carbone, les problèmes de santé publique, les menaces pour les espèces en danger, la contamination de l’eau par les cendres de charbon, et les impacts sur la culture Navajo.

« On peut supposer que le gouvernement américain connaît l’importance de la transition vers une économie d’énergie propre aujourd’hui, c’est donc un véritable affront envers les résidents de la région de Four Corners que les fédéraux ne fournissent même pas une évaluation honnête de la pollution, ou des alternatives solaires et éoliennes pour la Centrale de Four Corners et la Mine Navajo » dit Mike Eisenfeld, de l’Alliance Citoyenne de San Juan. « Nous tous, dans le sud-ouest, méritons au moins une analyse honnête par des experts. »

La notification d’aujourd’hui relève des violations de la Loi sur les Espèces Protégées et sera suivie dans 60 jours par des plaintes supplémentaires se référant à la Loi sur la Politique Nationale d’Environnement, concernant les effets sur le climat, les gens et les communautés locales.

« Le mercure est la principale cause de la dégradation de la qualité de l’eau dans les lacs et les réservoirs du Nouveau-Mexique » dit Rachel Conn, directrice exécutive par intérim d’Amigos Bravos. « Plus de 24000 hectares de lacs et de réservoirs du Nouveau-Mexique sont pollués au mercure. C’est inacceptable que dans plus de la moitié des lacs et des réservoirs de l’état, les habitants du Nouveau-Mexique ne peuvent plus pêcher sans craindre d’empoisonner leurs familles. »

« Des décennies de pollution au charbon mortelle ont empoisonné les gens du bassin hydrologique de la San Juan, la rivière San Juan et ses poissons menacés » dit Taylor McKinnon, du Centre pour la Diversité Biologique. « Nos lois exigent que le gouvernement sauve les espèces menacées, mais toujours plus de pollution au charbon conduira à l’extinction des poissons de la rivière San Juan. C’est maintenant qu’il est temps de mettre en œuvre la transition vers une énergie propre et renouvelable. »

« Les administrations fédérales doivent assurer que l’utilisation de charbon soit conforme à la loi. Ce que les administrations ne peuvent pas faire, c’est de trafiquer la loi pour l’accommoder à l’exploitation du charbon, mais c’est justement de qu’ils ont fait ici » dit l’avocat du Centre Légal pour l’Environnement de l’Ouest, Shiloh Hernandez. « Ce que ça montre, c’est que la Mine Navajo et la Centrale de Four Corners, obsolètes et très polluantes, ne peuvent pas fonctionner en accord avec la loi. Ces entreprises sont dépassées et exigent une transition. »

« Ce site toxique et dépassé cause des ravages pour la santé des gens et des écosystèmes depuis beaucoup trop longtemps » dit Nellis Kennedy-Howard, qui dirige la campagne Au-delà du Charbon du Sierra Club. « L’Office des Mines de Surface et le Service des Poissons et de la Vie Sauvage ont délibérément ignoré les effets environnementaux de ce site quand ils ont approuvé la prolongation de son existence. »

Parmi les groupes impliqués dans la notification d’aujourd’hui, il y a les Citoyens Diné Contre la Ruine de Notre Environnement, l’Alliance Citoyenne de San Juan, Amigos Bravos, le Centre pour la Diversité Biologique et le Sierra Club. Ils sont représentés par les avocats Shiloh Hernandez, Matt Kenna, Kyle Tisdel et Laura King, du Centre Légal pour l’Environnement de l’Ouest, John Barth et Michael Saul du Centre pour la Diversité Biologique.

 

Photo du titre Censored News, autres photos Christine Prat

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