Léo Ferré chante les poètes - Le serpent qui danse

Publié le 19 Avril 2015

Que j'aime voir chère indolente,
De ton corps si beau,
Comme une étoile vacillante,
Miroiter la peau !

Sur ta chevelure profonde
Aux âcres parfums,
Mer odorante et vagabonde
Aux flots bleus et bruns,

Comme un navire qui s'éveille
Au vent du matin,
Mon âme rêveuse appareille
Pour un ciel lointain

Tes yeux où rien ne se révèle
De doux ni d'amer,
Sont deux bijoux froids où se mêlent
L'or avec le fer

À te voir marcher en cadence
Belle d'abandon
On dirait un serpent qui danse
Au bout d'un bâton

Sous le fardeau de ta paresse
Ta tête d'enfant
Se balance avec la mollesse
D'un jeune éléphant

Et ton corps se penche et s'allonge
Comme un fin vaisseau
Qui roule bord sur bord et plonge
Ces vergues dans l'eau

Comme un flot grossi par la fonte
Des glaciers grondants
Quand l'eau de ta bouche remonte
Au bord de tes dents

Je crois boire un vin de Bohème,
Amer et vainqueur
Un ciel liquide qui parsème
D'étoiles mon cœoeur !

Baudelaire

Rédigé par caroleone

Publié dans #La poésie que j'aime, #La poésie en chanson

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
D
Quel site éclectique,mais que de la qualité !
C
Tu vas me faire rougir....
F
Petite correction sauf erreur de ma part : <br /> <br /> Comme une étoile vaccillante et non étoffe<br /> <br /> C'est toujours avec grand plaisir que j'écoute Léo Ferré interpréter les grands poètes<br /> Bises
C
Ah merci Fanfan, il me semblait bien que c'était ça mais comme j'entends mal les nuances. J'en ai une petite série à venir sur Ferré, j'avais trouvé des chansons peu communes.