Mains de mères

Publié le 31 Mai 2015

Les mains qui lavent, cousent, repassent
Qui caressent la tête
Qui tiennent la main serrée.

Mains qui cuisinent, curent, astiquent
Cirent, font briller
Qui gardent un fil à repriser
Pour un accroc imprévu.

Mains de mères qui espèrent
Qu’un jour
Tous les soins
Dans la grandeur et la sagesse
De l’enfant élevé
Verront leur peine récompensée.

Qu’elles sont vieilles tes mains.
Qu’elles sont bosselées, déformées
Leurs veines apparentes
Tels des ruisseaux tourmentés
Gonflent les voiles de l’indifférence révolue.

Qu’elles sont parlantes aussi.
Dans leur fibre on lit leur histoire
Celle de caresses infinies
Qui n’en pouvaient plus de lisser des mèches de cheveux
De se mouvoir, douces comme de la soie
Sur une joue fragile, aimée,
Qui n’en pouvaient plus de tenir,
Petite,
La main qui s’accrochait
Comme au fil du ballon
Afin qu’il et elle ne s’échappent
Un jour.

Qu’elles sont belles tes mains
De maman qui a pris de l’âge.
En elles,
En toi
C’est comme si le temps
S’était arrêté de compter.
Il est parfois mauvais le temps
Donnant
A des mères
Des mots de sang des mots d’horreurs,
Des mots de disparition
Des mots de malheur
De tristesse ou de peine
A caresser sur un papier mouillé
De larmes.

Qu’elles sont belles tes mains
Qui jamais ne s’arrêtent de vivre
De bouger parfois tremblotant
De cuisiner parfois à contrecœur
De jardiner pour le quotidien
De broder des motifs jamais interrompus
De caresser, douce
Une joue mal rasée,
Une joue qui doucement se ride
Une tête qui rapidement grisonne
Une lettre qui dit et chantonne
Ce que l’enfant est devenu.

Carole Radureau (11/05/2015)

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pour toutes les  mamans

pour toutes les mamans

Rédigé par caroleone

Publié dans #Mes anar-poèmes

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D
Bravo, ce texte arrive à pic, dans notre époque...il témoigne d'une belle âme
C
Merci Dominique, c'est ma façon d'écrire quand j'arrive, parfois à sortir la muse des pierres dans lesquelles elle aime batifoler.