Plume de bouvreuil pivoine trempée dans le sirop d’érable

Publié le 14 Février 2015

Plume de bouvreuil pivoine trempée dans le sirop d’érable

image ci-dessus « Pyrrhula pyrrhula bl1 » par Siga — Travail personnel. Sous licence CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons -

N’est-il pas égoïste de songer à l’amour

Quand les êtres n’ont pas le minimum pour vivre dignement ?

Quand chaque jour s’évertue à faire des miettes

Des conquis sociaux, de ses lois qui furent édictées

Au lendemain du grand traumatisme

Quand chaque jour le capital s’assoit sur la table et le couvert

Le toit, le lit et la couverture.

N’est-il pas futile de songer tout simplement

A aimer ?

 

Mais l’amour :

Il est le quotidien

Propre de l’homme

Il en est l’essence-même

Ce qui coule dans nos veines

Transmis par le cordon de vie

Il s’agit de lui-même

Tout simplement.

 

Aimer permet de durer

Aimer permet de survivre

Aimer ça aide à vivre

Aimer ça met une amande sous la dent

Quand la famine crie de rage.

 

Aimer….

C’est faire disparaître les barreaux

D’une prison injuste

Et dans les ailes d’un pigeon

Y voir la source de l’espérance.

 

Aimer….

C’est se donner la main

Pour vaincre la trahison

L’émulation des condamnés à mort

Qui dans l’effort de l’accepter

La regardent droit dans les yeux

Bien en face sans broncher

C’est l’amour

 Qui leur a permis de le faire.

 

Aimer…..

C’est tenir une main faible et maladive

En faire un poing levé.

Aimer…..

C’est rejeter le regard de ceux qui jugent

Le faire regarder la beauté.

C’est instiller dans le cœur à l’abandon

Un gramme de lumière d’ambre.

C’est offrir comme une offrande

Le pain du quotidien

A ceux qui n’ont rien.

 

N’est-il pas égoïste de songer à l’amour

Quand la réalité nous éloigne si prestement

De sa bonté clairvoyante ?

Quand les convenances prêtent leur errance

Au sacrifice du noble sentiment ?

 

N’est-il pas égoïste de vouloir aimer

Quand on a un cœur….

Quand on a …..

Un cœur qui vibre

Très fort trop engorgé de sève minérale,

De sève végétale,

De sève humaine,

Qu’il pourrait sans mal

En remplir un océan de douceur,

Un océan de sirop d’érable

Pour diffuser l’énergie sucrée

Aux laissés-pour-compte de la vie ?

 

Carole Radureau (01/02/2015)

***

 

Image ci-dessous « Scènes de sucrerie (1880) par J. Weston » par J. Weston — L'opinion publique (périodique publié à Montréal de 1870 à 1883), Vol. 11, no. 17, p. 195. Sous licence Domaine public via Wikimedia Commons - Grafik.muzik

Plume de bouvreuil pivoine trempée dans le sirop d’érable

Rédigé par caroleone

Publié dans #Mes anar-poèmes

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A
Comme tu as raison, songer à aimer semble de toute première urgence, bien avant tout le reste.
C'est sans doute le manque d'amour qui fait que l'humanité coure à sa perte et il y a tant de façon d'aimer...
C
Non, pourquoi, c'est bien ainsi.....
A
OH! Je viens de voir "coure" Misère, honte à moi!
C
La journée des amoureux, ce n'est pas forcément des amoureux en couple car on peut être amoureux de tout : de la vie, d'un chat, d'une rose, d'un texte, d'un tableau, d'un nuage....
Oui on manque cruellement d'humanité et d'amour sur cette planète.
Parce que c'est un sentiment qui a été galvaudé et mis en vitrine comme un bien qui s'achète.
Alors qu'il n'est que fumée et il on ne le cultive pas il peut se transformer en haine.
Je pense aussi que lors de la distribution , certaines personnes en sont plus dotées que d'autres.
L'amour est nécessaire à l'homme comme l'eau à la plante.

Voilà, voilà

Bises

caro