Le blues du chemin de fer

Publié le 17 Février 2015

image ci-dessous « De boog in het spoor bij Loppersum » par Roepers — Travail personnel. Sous licence CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons -

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Le blues du chemin de fer

Deux rails tristes

Défilent leur géographie de fer

Calée entre deux boulons compressés

Sur une voie sans but

Sans horizon ;

Deux rails abandonnés.

 

Sur le quai déserté

Les rails se déroulent,

Ils ne savent pourquoi ce matin

Ils se sont levés ;

Les revendications toujours les mêmes ;

A la fin, ils se sont lassés.

 

Ils sont les hôtes des trains de papier

Qui roulent à toute vitesse

Sans même les regarder.

Si !

On les voit quand le train déraille

Ils disent :

Tiens un rail qui défaille

Et la mort au tournant

Les toise de toutes ses dents.

 

Ils regardent les vaches les regarder

Les arbres défiler sous leurs dents d’acier

Ils sont numéraires

Ils sont tristes

Ils aimeraient mettre la poudre d’escampette

Sur leur dos de fer

Et briser la monotonie

Partir de guingois sur le chemin de traverse

Qui traverse le champ de coquelicots :

Ces derniers inclineraient leurs jolies têtes de soie

Devant leurs à-propos.

 

Ils ont le blues du chemin de fer

Le faire et le défaire est leur quotidien

Ils sont là pour des milliers d’années

C’est vrai.

C’est triste à en pleurer.

 

Carole Radureau (16/02/2015)

 

Ce texte est libre de droit et diffusé sous licence creative commons

 

Rédigé par caroleone

Publié dans #Mes anar-poèmes

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A
Excellent accord entre ton poème et le blues de Guthrie.
Ainsi sont nos chemins, qu'on aimerait parfois voir dévier entre les coquelicots, sortir des itinéraires trop droits...
C
Je ne sais pas si ce que l'on appelle bleuet n'est pas en fait des scabieuses ! Parce que celles-ci on en voit. Ils traitent quand même moins qu'avant car les coquelicots sont de retour sur les bordures de champs, on en voit bien plus ses dernières années.
A
Un joli souvenir.
Ca me fait penser qu'on ne voit plus beaucoup de bleuets qui se mêlaient si bien dans les champs avec les coquelicots. La faute aux désherbants sans doute.
C
Bonjour Almanito,

C'est le titre de la chanson qui m'a inspirée....il n'en faut pas plus souvent et j'ai pris le train qui m'a fait écrire les mots. Parfois c'est si simple. J'aimerais bien aussi prendre le chemin qui coupe dans le champ de coquelicots. Tu sais que lorsque j'étais gamine, je cueillais sur la colline derrière chez mes grand-parents tous les boutons de ses fleurs et je les épluchais pour en faire un bouquet tout chiffonné de plusieurs couleurs car quand ils ne sont pas encore matures, les pétales peuvent être du blanc ou rose foncé, c'est très joli comme dégradé et sur les mains, de détricoter les boutons ça laisse une odeur forte et des traces .
Un petit souvenir d'enfance qui est toujours lié aux fleurs.

Bises

caro