La voix des penan

Publié le 13 Février 2015

mage KITbot

 

La forêt primaire a disparu.

En elle se trouvaient clarté, espèces à chasser

plantes pour la guérison.

En elle la terre fertile accueillait les os

de nos ancêtres

faisant renaître de nouvelles matières.

La continuité.

Ils nous ont laissé la forêt secondaire,

la remplaçante.

C'est une jungle.

En son milieu inextricable poussent

peu de sagoutiers.

Ils semblent s'étouffer.

Nous nous frayons notre chemin

ainsi depuis des siècles nous survivons

la sarbacane est notre gagne-pain.

Dernier peuple de chasseurs/cueilleurs nomades

C'est la vie que nous aimons.

Ils coupent la forêt en font des routes pleines d'avidité.

Ils abattent nos arbres pour à la place planter

leurs palmiers à huile, vos palmiers à huile

destinés à fournir VOS denrées.

Les cochons, les singes disparaissent,

sans sagou nous mourrons de faim.

Nous vous adressons nos pensées, nos prières :

Aidez-nous !

Derniers hommes vivant encore de nos traditions,

ne faites-pas de nous

des sédentaires,

des éleveurs,

des agriculteurs.

Nos animaux sont nos compagnons.

Jamais nous ne les mangeons.

Le concept d'élever pour tuer, on ne le connaît pas,

seuls les animaux chassés suffisent à nos repas.

Nos connaissances sont multiples

nous pourrions apprendre tout les uns des autres

si le respect existait.

Pacifiques,

nous subissons.

La forêt notre mère s'éteint peu à peu

avec sa petite vie nécessaire.

Nous,

nous nous éteignons vite.

Comme lorsque l'on souffle sur la bougie le soir :

reste une petite fumée qui s'évapore.

Nous disparaîtrons bien plus vite

que la conscience n'arrive sur votre table de chevet.

 

Carole Radureau (13/02/2015)

Ce texte est libre de droit et diffusé sous licence creative commons

Rédigé par caroleone

Publié dans #Mes anar-poèmes, #indigènes et indiens

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
A
Hélas, que pèse ce pauvre peuple penan (parmi tant d'autres) face aux intérêts des multinationales? <br /> Toujours le même problème et je crains qu'hélas le combat soit perdu d'avance pour ces peuples...
C
Ils ne sont plus très nombreux encore libres, beaucoup se sont laissés sédentariser et déjà les dégâts de la vie civile les a rejoint. Je ne sais pas quel sera leur avenir mais je sais qu'il faut continuer de les soutenir et d'éveiller les consciences car le pouvoir de l'internet débloque les choses même si à côté de ça, le fait de montrer ces peuples, on se retrouve avec des gens avides de découverte qui ne songent qu'à aller vivre ne serait-ce qu'un temps auprès d'eux. Les awa du Brésil qui sont un des peuples les plus menacés au monde (un groupe vit encore en isolement) à obtenu dernièrement des résultats positifs grâce à la campagne mondiale de survival. Moi, j'y crois toujours , je ne sais pas pourquoi, mais je me dis qu'un jour peut-être les souris seront plus fortes que les loups.<br /> <br /> Bises<br /> <br /> caro