Guatemala : Grande victoire sur l’impunité : Pedro Arredondo Garcia condamné pour crime contre l’humanité.

Publié le 21 Janvier 2015

Le Club Quetzal exprime sa profonde satisfaction suite à l’annonce par le tribunal pénal « Mayor Riesgo B » de Guatemala Ciudad ce 19 janvier 2015 de la condamnation de Pedro Arredondo Garcia pour crime contre l’humanité, reconnu coupable de la mort de 37 personnes dans l'Incendie de l'Ambassade d'Espagne, dont celle de Vicente Menchú Perez, père de Rigoberta Menchú, crime commis le 31 janvier 1980.

 

Ce verdict a été prononcé après 16 audiences entre le 1er Octobre 2014 et le 19 Janvier 2015, audiences conformes aux garanties d’un procès équitable et durant lesquelles les droits de la défense ont été respectés.

 

Ce procès a permis aux voix des victimes de l’incendie de l’Ambassade d’Espagne d’être entendues, et constitue un élément central dans le combat pour la mémoire historique, la lutte contre la banalisation du génocide contre les mayas et de son négationnisme croissant.

 

De même, le Club Quetzal réaffirme son soutien au travail exemplaire de Madame Rigoberta Menchú Tum, Prix Nobel de la Paix 92, et partie civile au procès.

 

Cette condamnation constitue une victoire historique, résultat de son inlassable combat  pour la mémoire historique, la reconnaissance du génocide et des crimes contre l’humanité commis envers le peuple Maya, et sa participation à la construction de la paix durable au Guatemala. 

 

¡ Gracias, Merci Rigoberta !¡ Gracias, Merci Rigoberta !

 

(...)

Le 31 janvier 1980, peu après mon départ du Guatemala, a eu lieu l’épouvantable massacre de l’ambassade d’Espagne, dans lequel mon collègue et ami Jaime Ruiz del Arbol, premier secrétaire et consul est mort brûlé vif. Un groupe de paysans non armés avait pénétré dans l’ambassade d’Espagne pour dénoncer les exactions de l’armée dans les villages du Quiché. Avec l’accord de son gouvernement, l’ambassadeur d’Espagne Máximo Cajal y Lopez avait accepté de recevoir ce groupe et de l’écouter. Le général Lucas, homme brutal et intellectuellement très limité, furieux et peu au fait des normes diplomatiques en vigueur - notamment de l’inviolabilité d’une ambassade -, décida de donner une leçon à « tous ces communistes ». Il donna l’ordre à la police nationale guatémaltèque de « libérer » l’ambassade sans l’accord du gouvernement espagnol. La police utilisa des grenades au phosphore blanc, provoquant un gigantesque incendie. Trente-sept personnes moururent dans cette tragédie (dont Vicente Menchu, père de Rigoberta), soit dans l’ambassade, soit assassinées le lendemain dans les hôpitaux où elles étaient soignées. Quel acharnement sanguinaire ! L’ambassadeur, sérieusement brûlé, a été sauvé par miracle en sautant par une fenêtre avant de recevoir la protection du corps diplomatique. Le lendemain, il recevait un message : « mort au communiste Cajal ! ». (....)

Mon témoignage sur les massacres au Guatemala de Pierre Charasse

Rédigé par caroleone

Publié dans #ABYA YALA, #Guatemala, #Répression, #indigènes et indiens, #Mayas

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