Le musée national ferroviaire Pablo Neruda de Temuco

Publié le 26 Novembre 2014

Le musée national ferroviaire Pablo Neruda de Temuco

image Miguelcarrascoq

Pablo Neruda était un fils de cheminot, il dévoile dans certains textes des bribes de son enfance et ce qui a pu marquer à jamais sa poésie sensitive et minérale.

Mon père, José Del Carmen Reyes, conduisait
un train lent, qui me permettait de toucher les
branches des arbres géants de la jungle, mon
père conduisait le train, et arrêtait la machine,
quelques minutes, pour que je me glisse dans
la forêt, juste au bord des voies (les voyageurs
assoupis étaient envahis par de grosses
fleurs jaunes disséminées ici et là) et trouve
un lucane cerf-volant, une grosse femelle
cérambycide, un papillon ou un grillon.

Pablo Neruda, J'avoue que j'ai vécu

Le musée national ferroviaire Pablo Neruda de Temuco

image Miguelcarrascoq

Le musée national ferroviaire de Temuco, la capitale de l'Araucanie où se situe l'enfance de Pablo est un monument national classé en tant que monument historique par deux décrets.

Il a pour objectif de préserver et restaurer le patrimoine ferroviaire et générer une attraction touristique pour la ville.

Oh long train de nuit,
Souvent
Du Sud en direction du Nord,
Au milieu des ponchos mouillés,
Des céréales,
Des bottes que la boue raidit,
En Troisième,
Tu as déroulé la géographie.
C’est peut-être alors que j’ai commencé
la page terrestre,
Que j’ai appris les kilomètres
De la fumée,
L’étendue du silence

Pablo Neruda, Mémorial de l'ïle noire

Le musée national ferroviaire Pablo Neruda de Temuco

image réserve à charbon Miguelcarrascoq

image en dessous Miguelcarrascoq

Le musée national ferroviaire Pablo Neruda de Temuco

(...) Avec l'aube, mon père, sur la terre enténébrée,
se faufilait dans ses trains qui hurlaient.
Vers quels archipels oubliés ?
Plus tard, j'ai aimé l'odeur du charbon dans la
fumée,
les huiles, les essieux, leur précision glacée,
et le train grave traversant, orgueilleuse chenille,
l'hiver allongé sur la terre.
Soudain les portes ont trépidé.
Voici mon père
entouré de ses centurions : les cheminots,
ils sont enveloppés dans leurs couvertures trempées,
la vapeur et la pluie avec eux ont vêtu
la maison, dans la salle à manger, leurs récits
foisonnent et s'enrouent, les verres se répandent,
et de ces êtres, jusqu'à moi, comme d'une barrière
écartée, où nichaient, où vivaient les douleurs,
sont arrivés les angoisses, les cicatrices
taciturnes, les hommes sans argent,
la griffe minérale de la pauvreté.(....)

Pablo Neruda (La maison, Le chant général)

(...) J'eus pour enfance des souliers mouillés, des
troncs brisés
tombés dans la forêt, dévorés par les lianes
et les scarabées, j'eus des journées douces sur
l'avoine,
et la barbe dorée de mon père partant
pour la majesté des chemins de fer.(...)

Pablo Neruda ( La frontière, Le chant général)

Le musée national ferroviaire Pablo Neruda de Temuco

Affiche de Federica Matta

****

(....)Mon enfance parcourut les saisons : avec, autour

de moi,

les rails, les châteaux de bois frais

et la maison sans ville, à peine protégée

par des troupeaux et des pommiers au

parfum ineffable,

je vécus, mince enfant à la forme pâlotte,

en m'imprégnant de forêts vides et d'entrepôts.(...)

Le musée national ferroviaire Pablo Neruda de Temuco

Pablo Neruda (La frontière in Le chant général)

Rédigé par caroleone

Publié dans #ABYA YALA, #Chili, #Fragments de Neruda

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