Le goût de l’essentiel

Publié le 23 Octobre 2014

Un rayon de soleil perdu au cœur d’octobre
Et c’est la nature qui s’éveille de son sommeil monotone
Le sang ne fait qu’un tour
L’énergie en flambeau semble prête à bouillonner
Pour un ultime assaut.

Comme au bon vieux temps où enfants
Nous passions dehors le plus clair de nos jours
La braise qui crépite sur le feu de camp aujourd’hui interdit
Glisse dans la chevelure une odeur que jamais on oublie
On se couche avec cette couronne de bois brûlé, de consumé
Comme si les premiers êtres au dîner près de nous
S’étaient invités.

Comme au bon vieux temps où adolescents
Nous apprenions par cœur la coupe, la taille, le stockage
On s’imprègne de cette nature, le nez dans le feuillage
La nature du bois, sa géographie, sa physionomie généreuse
Pour nous n’ont plus de secrets
Les mains lardées de cors, de plaies et de blessures
Qu’on ne sent que lorsque le sang le lendemain se repose.

J’aime le travail du bûcheron
Ce dur labeur-gaieté de cœur
La sciure qui traîne au sol
Comme des gouttes de sueur fossilisées
Les fagots bien rangés qui n’attendent que sécher
La belle toilette d’hiver de l’arbre dénudé.

J’aime cette saine fatigue du travailleur des bois
Ni courbatures, ni coup de froid, juste ardeur à l’ouvrage
Puis après le réconfort qui vient comme on ne l’a jamais reçu :
Un petit repas en famille, un petit apéro
La fatigue, le sourire, le coup de main donné
C’est en famille que l’on apprend les gestes de la vie
C’est en famille que l’on connait le prix de l’ouvrage terminé
Et c’est aux anciens qui nous ont tant appris
Que l’on offre le bois pour les veillées des grands froids.

Carole Radureau (21/10/2014)

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Rédigé par caroleone

Publié dans #Mes anar-poèmes

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M
Voilà qui sent le vécu, Caro ! Mais ce texte est empreint d'un bel optimisme face à cette nature qui a du mal à s'endormir cette année. Bises aux dynamiques jardiniers.
C
Bonjour Michèle,<br /> <br /> Oui, c'est une sorte de retour aux sources car à présent, je peux entreprendre des travaux de plus grande ampleur. Même si je dois me mettre un peu sur la touche le lendemain car je vais toujours au bout de mes limites, c'est mon problème.<br /> Mais, c'est marrant car dans ce texte qui est sorti d'une traite, en me relisant j'ai eu le déclic de me dire qu'en fait, les seules et durables expériences du travail que j'ai eu dans ma vie, c'était toujours en famille, que ce soit quand je vendais les fleurs devant le cimetière avec toute la famille et mes grands-parents quand j'étais fillette (pour le commerce de mon oncle) ou bien quand je travaillais avec mes grands-parents et mon oncle dans les serres mais aussi avec lui et mon beau-père plus tard dans les jardins. Et avec mon mari car avec lui, le travail en commun a commencé sur les bancs du lycée, un partenariat toujours efficace il me semble comme j'aime garder le souvenir de mes grands-parents dans le fondement d'un couple, c'est-à-dire, l'homme et la femme qui se complètent et jamais un en-dessus ou en-dessous de l'autre. Main dans la main.<br /> Comme les petits elfes des bois que je connais bien.<br /> <br /> Bises et bonne journée (plus fraîche aujourd'hui)<br /> <br /> caro