Après la mort de Baby Doc, des questions à Laurent Fabius

Publié le 6 Octobre 2014

Par José Fort, sur son blog:
 
Baby Doc, mort samedi matin à Port-au-Prince, a séjourné 25 ans en France en toute liberté. Il avait atterri à Grenoble, après un accord secret entre le gouvernement des Etats-Unis, le Premier ministre de l'époque, Laurent Fabius, et le président Mitterrand. Le fils du sanguinaire Duvalier a passé 25 ans en France, sans papier. Il a mené grand train de vie puis a été "invité" à la discrétion. Il est rentré mourir à Port-au-Prince. Le temps est donc venu de demander à Laurent Fabius d'ouvrir le dossier. Quel a été le contenu de l'accord passé avec Washington? Quelle a été la monnaie d'échange? Pour quelles raisons s’approcher de ce personnage sulfureux provoquait une réaction immédiate et musclée des services spéciaux français ? Pourquoi la fortune volée au peuple haïtien n'a pas été bloquée par les banques?
 
Jean-Claude Duvalier dit Baby Doc, au cours de sa dictature en Haïti
Jean-Claude Duvalier dit Baby Doc, au cours de sa dictature en Haïti
 
 
Note de ma pomme: L’ancien dictateur haïtien Jean-Claude Duvalier dit Baby Doc est mort d’une crise cardiaque dans son lit, à Port-au-Prince capitale d'Haïti. Il est mort dans son lit, comme beaucoup de dictateurs meurent sous les auspices de la communauté internationale dite démocratique.
 
En 1971, âgé de 19 ans, il avait succédé à son père, le dictateur  François Duvalier (Papa Doc) comme "président à vie". Il exercera une dictature des plus sanglantes dans son pays aidé par les tristement Tontons Macoute, sous la bienveillance du grand voisin que sont les USA. Bay Doc sera renversé par une révolte populaire en 1986.
 
Jean-Claude Duvalier vivait depuis 1986 un exil de nabab sur la Côte d’Azur en France, dans l'ex-patrie des Lumières et des Droits de l'homme. Il était rentré à Haïti le 16 janvier 2011. Il était responsable de la mort de milliers d’opposants. Sa dictature s’appuyait sur les sanglants Tontons macoutes, « Volontaires de la Sécurité Nationale » (VSN), miliciens créés par son père François Duvalier.
 
La prison de Fort-Dimanche reste le lieu où étaient torturés, voire disparaissaient ses opposants politiques. Bébé Doc avait aussi détourné plus de 100 millions de dollars, d’abus de pouvoir, de vol, de corruption, de trafic de drogue et de trafic d’organes.
 
En 1984, François Mitterrand, président socialiste de la République de 1981 à 1995, nomme le non moins socialiste Laurent Fabius premier ministre. Les ministres cocos ont disparu du conseil des ministres depuis cette année et l'austérité pour redresser le pays (oui déjà) est à l'ordre du jour depuis 1983.
 
En juillet 1985, lors d'une interview donnée au quotidien Le Matin, Laurent Fabius se définissait ainsi : "Au jeu des définitions, je dirais que je suis un socialiste moderne, pragmatique et amoureux de la liberté".

Rédigé par caroleone

Publié dans #ABYA YALA, #haïti

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D
Le pragmatisme... tout est là !<br /> J'ai été socialiste au temps de l'utopie et si j'ai accordé trop longtemps ma sympathie à ce parti, je prie tous mes camarades de gauche de bien vouloir m'en excuser.
C
Bonjour Yves,<br /> <br /> Je trouve que c'est vraiment dégoûtant cette hypocrisie et ce renoncement aux idéaux des partis qui soit-disant portaient des idées socialistes ou du moins progressistes. Combien de camarades ne s'y retrouvent plus ? Et pour cause.<br /> Mais je crois aussi que l'on peut très bien militer sans être attaché à un appareil quelconque, au moins on a les mains libres, on n'est pas pris en otage et notre liberté de conscience nous permet d'être au plus juste de nos engagements.<br /> Merci de ton témoignage et tu sais, tu n'es en rien responsable, ce sont les cadres les ripoux, jamais la base.<br /> <br /> Amitiés<br /> <br /> caro