Montréal : Le jardin des Premières nations

Publié le 15 Août 2014

Situé dans le jardin botanique de Montréal, le jardin des Premières nations est ouvert depuis 2001. Il s’agit de la première infrastructure d’importance sur le territoire montréalais dédié aux premières nations du Québec.

Il se situe entre le jardin de Chine, le jardin japonais, les étangs, le Ruisseau fleuri et le jardin alpin.

Sa superficie est de 2.5 hectares, sa création a demandé trois ans d’efforts.

Plus de 300 espèces différentes le composent et sa vocation est de faire découvrir ou redécouvrir aux québécois la culture des peuples autochtones qui sont les premiers habitants d’Amérique.

Trois écosystèmes représentatifs de la réalité du territoire autochtone y sont présentés ainsi que des savoirs-faires amérindiens et inuits.

Montréal : Le jardin des Premières nations

image thuya occidentalis MPF

  1. La forêt feuillue

Lieu de vie de 5 nations québécoises :

  • Les abénakis – wobanaki = terre de l’aurore
  • Les malécites – wustuluk = rivière St Jean
  • Les micmacs – mi’gmaq = les alliés
  • Les hurons-Wendats – wendat = ceux de l’île
  • Les mohawks – kanien’keha :ka = peuple du silex

Le mystère de l'annedda

Des Amériques s'est répandu dans le monde entier l'usage de nombreuses plantes, comme le maïs, la pomme de terre, la tomate, mais aussi la coca et le quinquina pour leurs propriétés thérapeutiques. S'il est une plante qui aurait mérité autant cette diffusion mais dont l'identité exacte n'a pas encore été dévoilée, c'est bien l'annedda, qui sauva Jacques Cartier et son équipage à leur deuxième voyage au Canada, en 1535. Durant l'hiver, plusieurs membres de l'équipage de Cartier sont frappés du scorbut, causé par une carence en vitamine C. Plusieurs en meurent. À la demande de Cartier, les Iroquoiens de Stadaconé, qui en connaissaient la cure, administrent aux survivants une décoction d'annedda qui les guérit en quelques jours. D'après les spécialistes, l'annedda est sûrement un conifère, et il pourrait s'agir du cèdre blanc (Thuja occidentalis), qu'on nommait autrefois arbor vitae, ou arbre de vie, car il « conserve la vie ».

Les Mohawks connaissent bien les bienfaits du cèdre pour avoir utilisé ses feuilles en infusion. Arbre pluricentenaire, son bois semble aussi parfaitement convenir pour assurer une longue vie aux objets dont il forme l'ossature : membrures de canots algonquiens, tiges de flèches micmaques et malécites et montures de paniers algonquins.

Une légende huronne-wendate...

Décédée loin de son village, une jeune fille du clan des Faucons fut renvoyée à sa communauté dans le corps d'un faucon géant. Elle sortit du cadavre de l'oiseau, réduit en cendres, les mains pleines de semences qu'elle planta aussitôt dans les cendres. Il en poussa des plants de tabac dont la jeune fille enseigna l'usage aux siens.

Retrouvez : l’érable à sucre, l’arbre à panier, les dons de la terre, des baies pulpeuses à la pâte de fruits, des fruits aussi gros que prunes de Damas, des noix qui voyagent, le pouvoir des herbes, femmes du maïs, plantes de lumière et de l’esprit, l’arbre de paix, les trois sœurs, l’art des maisons longues, le bois au grain enchevêtré.

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image cônes de picea mariana MPF

2. La forêt de conifères

Les gardiens de la forêt coniférienne

Ils sont

Ils habitent depuis toujours la vaste forêt coniférienne où prédominent l’épinette noire, le bouleau et le sapin.

Chasseurs/cueilleurs, ils avaient l’habitude de parcourir durant l’hiver d’immenses territoires de chasse familiaux pour rechercher gibier et poissons. Ils se rassemblaient l’été pour des retrouvailles communautaires et pour pratiquer le troc, les échanges et les fêtes.

Les arbres d'un héros

Les Algonquiens de la forêt coniférienne ont un héros – Tshakapesh en innu, Tcikapec en attikamek, Tcakabesh en algonquin, Chikapash en cri, Chaakaapaas en naskapi – dont la démesure des projets n'a d'équivalent que son courage et sa témérité. Des arbres entiers lui servent d'arc et de flèches; une grande épinette lui permet de monter au firmament. Du ventre d'un monstre géant qui a dévoré ses parents, il retire leurs cheveux et les testicules de son père qui, lancés dans les conifères, se changent en usnées et en vésicules résinifères.

Épinette et sapin baumier sont devenus tout autant des arbres de première nécessité. Leur bois sert pour les canots, les raquettes et les toboggans. Leurs branches couvrent le lit des habitations, leurs racines sont employées pour coudre paniers et canots. Les cônes de l'épinette noire servent à teindre les filets, la résine du sapin à imperméabiliser les canots. La gomme de l'épinette est mâchée, celle du sapin est un médicament. Les aînés cris distinguent l'épinette blanche de la noire par ses ramilles qui, broyées, sentent la mouffette. Le nom qu'ils donnent aux balais des sorcières ornant la cime des conifères, ushtikaanaaskw, la « tête de bois », rappelle encore la parenté des arbres et des humains.

Une légende innue...

Arrosé par une mouffette géante, Carcajou se met à descendre vers la mer, la tête cachée sous un sac. Heurtant chaque arbre, n'y voyant rien, il leur demande tour à tour quel est leur nom. «Uatshinakan», répond le premier. Alors Carcajou le tord, le déchire et le déforme. Laissant l'arbre, Carcajou ajoute : « Dorénavant, tu pousseras ainsi ».

Retrouvez : la peau de l’arbre, le temps des retrouvailles, Allez aux graines, le vivre et le couvert des animaux, plantes en leurs saisons, où sont donc passés les oiseaux de l’été ?, dans le courant de l’onde, la terre qui pousse, l’arbre aux cent courbures, sous le signe du caribou.

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image peupleloup

3. Territoire nordique, taïga et toundra

Les gardiens du nord

Ils sont

- Les inuits

- Les cris

- Les innus

- Les naskapis

Les gens de l’endroit au-delà de l’horizon.

Les inuits dans les villages dispersés le long de la côte pratiquent toujours la chasse aux phoques at au caribou. Dans la taïga et la toundra, les algonquiens exploitent le caribou, le castor et l’ours noir ainsi que les salmonidés

Des forêts clairsemées qui abritent les Algonquiens à la véritable toundra du pays des Inuits, les arbres se dénudent, se rabougrissent, deviennent nains, jusqu'à se confondre ultimement avec la terre qui les a nourris. Si les épinettes noires de la toundra forestière font encore songer aux anciens enclos à caribou, maanikin (en langue naskapie), longs couloirs formés de troncs d'arbres permettant de diriger la harde vers un enclos, la véritable toundra séduit par sa nudité. Les inutsuk des Inuits, des monticules de pierre à forme humaine, y ont remplacé les épinettes noires. Ils servaient aussi, autrefois, en alignement, à canaliser le gibier.

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image carcajou (le glouton) Uusijani

4. Savoir et savoirs –faire
Au rythme du couteau croche

Mukutakan en innu, muuhkutaakan ou muuhkutaakin en cri, le célèbre «couteau croche» autochtone a depuis longtemps montré toute sa valeur et ses possibilités. Anciennement muni d'une incisive de castor, ce couteau à tout faire est aujourd'hui fabriqué avec une lame de métal incurvée, sur le plat et insérée dans un manche également courbe. Manié en rotation en le ramenant toujours vers soi, il permet de dégrossir, aplanir, arrondir, voire même polir et sculpter tous les bois.

Sous l'impulsion du couteau croche, le sapin baumier, l'épinette blanche ou le cèdre deviennent autant de membrures et de pièces de bordage nécessaires à la réalisation des canots. Le bouleau ou le mélèze acquièrent rapidement l'épaisseur et les formes voulues pour le cadre et les traverses des raquettes à neige. Au rythme des coups de couteau, l'épinette et le bouleau se transforment en traîneaux et toboggans, le cèdre et d'autres espèces, porte-bébés, ou tikinagan.

Les équivalents inuits du couteau croche sont le ulu, réservé aux femmes, qui sert à travailler les peaux ainsi que les nombreux couteaux et perçoirs d'hommes employés pour façonner les objets autrefois indispensables à la survie : harpons, traîneaux, structure de kayak en bois, en os ou en andouiller.

Une légende algonquienne...

Un jour, Carcajou écrasé sous une roche fit appel à ses frères, Tonnerre et Éclair, pour l'en délivrer. En pulvérisant la roche, ils déchirent toutefois son manteau. Le héros demande à quelques animaux de bien vouloir le lui réparer. Grenouille échoue à la tâche tant les pièces sont mal assemblées. Seule la souris, à son tour, réussit : ses pas sont plus rapprochés, tout est bien cousu.

Retrouvez : sous le voile du maïs, tout en écorce, d’art et de métier, ouvrer le bois, les autochtones du Québec, le libre-échange.

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source : le site du jardin botanique de Montréal

Les liens internes mènent vers les articles que j’ai déjà traité sur le blog au sujet des peuples et de leurs connaissances.

Rédigé par caroleone

Publié dans #indigènes et indiens, #PACHAMAMA, #Savoirs des peuples 1ers, #Québec

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