Monts d’Arrée : Le mont St Michel de Brasparts

Publié le 24 Juin 2014

Monts d’Arrée : Le mont St Michel de Brasparts

Les monts d’Arrée constituent un massif montagneux ancien de la Bretagne occidentale situé dans le département du Finistère et faisant partie du massif armoricain.

On dit Menez Are en breton (menez veut dire mont).

Les communes des monts d’Arrée sont : Botmeur, Brennilis, Commana, Huelgoat, La Feuillée, Le cloître-St-Thégonnec, Loqueffret, Plounéour-Ménez, St Rivoal et Sizun.

Il s’agit du cœur de la Bretagne, Breizh-Izel, à l’écosystème malgré tout préservé et aux légendes toujours vives.

Les monts d’Arrée avec les collines de Normandie et les hauteurs de la gâtine vendéenne font partie des régions les plus élevées du massif armoricain.

 La Feuillée, petit village que l’on voit au loin sur cette photo est le village le plus haut de Bretagne : 275 mètres.

La Feuillée, petit village que l’on voit au loin sur cette photo est le village le plus haut de Bretagne : 275 mètres.

Géologiquement, les monts d’Arrée forment un vaste synclinorium complexe entre les plateaux granitiques du nord (Léon, Trégor) et du sud (Cornouailles) de la Bretagne dont les affleurements de roches dures ont davantage résisté à l’érosion que le granite provoquant une inversion de relief.

Monts d’Arrée : Le mont St Michel de Brasparts
Le mont St Michel de Brasparts

Menez Mikael-an-are

Sommet de la chaîne des monts d’Arrée qui fait partie du parc naturel régional d’Armorique

Altitude : 381 mètres

Sur son sommet se situe la chapelle St Michel.

On l’appelait autrefois Menez Kronan (le nom d’un dieu de la vie dans le culte druidique) et le long plateau couvert de landes se nomme encore Gwarem Kronan (la garenne de Kronan).

C’est l’une des 7 collines sacrées de l’ancienne aromorique avec le mont St Michel (le très connu, le mont Dol (article à venir), le menez Bel-Air, le menez Bré, le mané Gwen et le ménez Hom.

image ci-dessous Kamel15

Monts d’Arrée : Le mont St Michel de Brasparts

Du sommet on peut apercevoir un magnifique panorama sur les tourbières du Yeun Elez, le lac de Brennilis parfois plus loin par temps dégagé, la baie de Morlaix, les monts d’Arrée et les montagnes noires.

Le sommet du Mont Brasparts a été longtemps un lieu de pacage des moutons lors de la belle saison. Les bergers s’abritaient parfois dans la chapelle. De nos jours encore, des cérémonies druidiques sont parfois organisées à son sommet. Sur les cinquante druides de Bretagne, un certain nombre habitent les monts d’Arrée.

Monts d’Arrée : Le mont St Michel de Brasparts
Monts d’Arrée : Le mont St Michel de Brasparts
Monts d’Arrée : Le mont St Michel de Brasparts

image Binche

La chapelle St Michel

En 1672 la décision est prise de construire une chapelle au sommet de la Motte-Cconon à Brasparts. Il semble qu’il existait à l’emplacement prévu un ancien temps celte voué au culte du soleil.

Monts d’Arrée : Le mont St Michel de Brasparts
Le lac dit réservoir St Michel ou lac de Brennilis

C’est un lac artificiel de 4650 hectares créé entre 1929 et 1936 dans les marais et tourbières du Yeun Elez afin de réguler le cours de l’Ellez utilisé par l’usine hydroélectrique de St Herbot. Des années 60 à 85, l’eau a été utilisée pour refroidir la centrale nucléaire des monts d’Arrée.

La création du lac a malheureusement entraîné l’abandon de l’exploitation des tourbières. Il est peu exploité d’un point de vue touristique mais fait la joie des amateurs de pêche qui savent y trouver des brochets, des truites arc-en-ciel et farios.

Monts d’Arrée : Le mont St Michel de Brasparts
Monts d’Arrée : Le mont St Michel de Brasparts

image sphaigne Bernd Haynold

Les tourbières du Yeun Elez

Les tourbières proviennent de la décomposition anaérobique de végétaux en milieu acide, saturé d’eaux stagnantes en permanence et où poussent quelques plantes. On y trouve des sphaignes, de la molinie bleue, de la myrte des marais, de l’osmonde royale, des algues aussi.

Les tourbières du Yeun Elez forment un aspect spongieux de 1500 hectares. Les eaux y sont abondantes, stagnent en raison de la pente faible. C’est un endroit vivant qui fournit les conditions favorables aux espèces adaptées. La tourbe fut exploitée depuis fort longtemps car l’une des seules activités économiques possible dans cet endroit pauvre. Les meilleures tourbes sont celles de Yeun ar park (sous le mont St Michel de Brasparts) et de Yeun Vras où se trouvent une belle tourbe noire d’une grande qualité.

Les terres qui étaient autrefois seigneuriales permettaient néanmoins aux habitants de venir prélever de la tourbe car elles étaient indivises « vaines et vagues ».

L’extraction avait lieu en mai et juin avant la fenaison.

Monts d’Arrée : Le mont St Michel de Brasparts
Monts d’Arrée : Le mont St Michel de Brasparts

image EdouardHue

La lande

Les analyses polliniques démontrant que vers 6000 à 7000 ans avant notre ère, l’Arrée était couverte d’une forêt tempérée humide de type océanique (chênes, hêtres, noisetiers, ormes). Sur les crêtes, c’était le domaine de la lande atlantique.

Au moyen-âge, l’activité humaine est présente et les hommes pratiquent l’écobuage. Les besoins en bois font disparaître la forêt originelle et créée un paysage de bocage encore présent.

Sur les pentes constituées de schistes dévoniens qui seront exploités jusqu’à récemment en carrières d’ardoises que l’on voit par endroits (versant nord des Roc’hs’, St Cadou), la lande est très pauvre en végétation : bruyères, ajoncs ras, carex, gentianes.

C’est un lieu naturel très fragile qui a subit plusieurs incendies et qui est protégé dans le cadre de la directive Natura 2000.

C’est le plus vaste ensemble de landes authentiques de France (10.000 hectares).

La faune comporte quand à elle plusieurs espèces endémiques, rares ou protégées. C’est le domaine du grand rhinolophe du castor européen réintroduit récemment, du courlis cendré, du faucon hobereau, de l’hermine, du circaète Jean le blanc, du vison d’Europe…..

Monts d’Arrée : Le mont St Michel de Brasparts
Monts d’Arrée : Le mont St Michel de Brasparts
Monts d’Arrée : Le mont St Michel de Brasparts

image Femmes de la montagne filant la quenouille Botmeur-La Feuillée début XXème siècle Moreau.henri

La misère des hommes

Les hommes y vivaient dans une grande misère, livrés à eux-mêmes, à la famine, aux épidémies, au manque de sang pour éviter les unions consanguines. La fortune bien entendu n’était jamais au rendez-vous et La Feuillée, Botmeur, St Rivoal et Loqueffret comptaient parmi les plus misérables bourgs du Finistère.

Le sous-sol pauvre et acide ainsi que l’altitude ne permettaient pas des cultures productives. Il fallait donc des activités de compensation telles le tissage ,activité des femmes et le colportage, activité masculine (les pilhaouers = colporteurs). L’agriculture restera pauvre jusqu’à la fin du XIXe siècle.

Monts d’Arrée : Le mont St Michel de Brasparts

image le pilhaouer Moreau.henri

sources : wikipédia

Rédigé par caroleone

Publié dans #Balade en France

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