17 avril : Journée des prisonniers politiques palestiniens - Déclaration d'ADAMEER

Publié le 16 Avril 2014

17 AVRIL – JOURNÉE DES PRISONNIERS PALESTINIENS : Déclaration d’ADAMEER (association palestinienne de défense des droits de l’Homme et de soutien aux prisonniers)
17avril 2 février 2014

priso palestiniens

A l’occasion de la journée des prisonniers palestiniens, l’association Addameer réaffirme son engagement pour la libération des prisonniers palestiniens et des détenus dans les prisons israéliennes. Addameer réaffirme que la cause des prisonniers est la cause de tout le peuple Palestinien. Ce combat est au centre de la lutte pour la libération des territoires palestiniens et pour le retour des réfugiés. Cette cause représente la ligne de front pour la paix et la justice.

Depuis l’occupation de la Cisjordanie et de Gaza en 1967  plus de 750 000  Palestiniens ont été arrêtés, un chiffre qui représente 20% de la population palestinienne sur les territoires occupées (incluant les territoires de 1948, Gaza et la Cisjordanie), 40%  de la population masculine et aussi 10 000 femmes.

Depuis la seconde Intifada en septembre 2000, les forces d’occupation ont arrêtés 78 000 Palestiniens, parmi eux 950 femmes et plus de 9000 enfants ainsi que plus de 50 ministres et membres du Conseil Législatif Palestinien. Depuis 1967 les forces d’occupation ont émis plus de 50000 ordres de détention administrative (ordres nouveaux ou renouvellements), 23000 d’entre eux après septembre 2000.

Selon des informations récentes publiées en avril 2013, les forces d’occupation détiennent actuellement 4900 palestiniens dont 14 femmes, 236 enfants et 168 personnes en détention administrative dont  8 membres du Conseil Législatif. Parmi eux 180 palestiniens de Jérusalem, 190 des territoires de 1948 et 433 de la Bande de Gaza. Approximativement 530 d’entre eux sont condamnés à perpétuité et plus de 77 prisonniers sont restés derrière les barreaux pendant plus de 20 ans.  25 de ces prisonniers on passé plus de 25 ans en prison et 105 ont été arrêtés avant les accords D’Oslo en septembre 1993. 204 Palestiniens sont morts dans les prisons israéliennes  suite à des tortures, négligence médicale délibérée, assassinat ou violences. Depuis le premier janvier 2011, 5 prisonniers sont morts dans les prisons israéliennes. Cette date coïncide avec la signature d’un accord entre le Comité International de la Croix Rouge et l’Autorité Pénitentiaire israélienne visant à réduire les services médicaux fournis  par le Comité aux prisonniers malades et visant également à réduire la contribution financière de la Croix Rouge pour les services médicaux permettant ainsi à l’Autorité Pénitentiaire israélienne de se soustraire à leur devoir de fournir les traitements nécessaires aux détenus dont elles ont la charge.

Des informations provenant des organisations qui œuvrent pour la cause des prisonniers palestiniens indiquent que 1000 prisonniers souffrent de maladies diverses. Parmi eux 16 prisonniers sont en résidence permanente à l’infirmerie de la prison de Ramleh. 85 prisonniers souffrent de divers handicaps. 170 prisonniers nécessitent une intervention chirurgicale urgente et 25 détenus sont malades du cancer.

Aujourd’hui le combat continue alors que 4 prisonniers palestiniens en grève de la faim prennent le risque de mettre toujours plus gravement leur vie en danger. C’est le cas de Samer Issawi qui est en grève de la faim partielle depuis 262 jours pour protester de sa ré- arrestation  au titre de l’article 186 de l’ordonnance militaire 1651. Ayman Abou-Daoud l’a rejoint en annonçant le début de sa grève de la faim le 14 avril 2013 ; il a été lui aussi arrêté de nouveau après avoir été libéré lors de l’échange de prisonniers. Younis Huroub poursuit sa grève de la faim pour protester contre la politique de détention administrative des Forces d’Occupation ainsi que Samer El Barq qui a entamé une troisième grève de la faim pour protester de la poursuite de sa détention administrative.

Leur vie à tous est en grave danger.

Ces faits nous amènent à conclure que la politique d’emprisonnement des forces d’Occupation, et plus particulièrement la politique de détention administrative, représente une des nombreuse formes de punition collective continue et systématique pratiquées par les forces d’occupation ainsi que quelques unes des plus flagrantes violations de la 4ème  Convention de Genève. Ces violations constituent des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité en accord avec le Statut de Rome qui  a été à l’origine de la Cour Pénale Internationale.

L’emprisonnement est l’une des nombreuses politiques  des forces d’occupation visant au nettoyage ethnique de la Palestine, à la suppression de l’identité culturelle des Palestiniens et à la violation de leurs droits politiques  avec pour objectif final de rayer les Palestiniens de l’histoire une fois pour toutes.

Addameer  considère que le compromis politique résultant des accords d’Oslo en 1993 au lieu  de mettre fin à l’occupation l’a au contraire consolidée. Les forces d’occupation contrôlent toutes les facettes de la vie des Palestiniens soumis à 17000  ordonnances militaires. Les accords d’Oslo ont permis aux Palestiniens de vivre une forme très réduite d’auto gouvernement et n’ont pas réussi à obtenir la libération des prisonniers. Plus important, les accords d’Oslo n’ont pas accordé aux Palestiniens le droit de tenir l’occupant pour responsable des crimes qu’il avait commis.

Addameer considère que le temps est venu de changer de politique et de mettre fin à cette période de consentement et de soumission. Il est temps d’arrêter d’utiliser la question des prisonniers comme motivation pour retourner à la table des négociations et de dépasser l’aide légale apportée aux prisonniers et détenus et de s’engager à nouveau sur le droit des prisonniers à être libérés immédiatement. Il est temps de tenir les forces d’occupation pour responsable de leurs actes devant la Cour Pénale Internationale et dans les pays qui respectent la juridiction  internationale. Ces efforts doivent prendre place en conjonction avec un travail sérieux sur le BDS contre l’occupant. Et enfin, le moment est venu de boycotter les tribunaux militaires israéliens et plus particulièrement les audiences concernant les ordonnances de détention administratives.

Addameer appelle les organisations judicaires et des droits de l’homme palestiniennes à

- boycotter les tribunaux militaires particulièrement les audiences concernant les détentions administratives.

-conjuguer leurs efforts pour intenter une action judiciaire internationale contre l’occupant en utilisant les mécanismes fournis par les Nations Unies  et les commissions aux droits de l’homme.

-accroître et conjuguer leurs efforts pour exposer les crimes commis par les forces spéciales israéliennes lors des sessions du conseil des Nations Unies pour les droits de l’homme et le comité d’Examen Périodique Universel.

- s’investir largement dans le plaidoyer pour le boycott de l’occupant tant en Palestine qu’à l’international.

-Etablir une base de données informatiques, comprenant images, vidéos et documents écrits avec des témoignages portant sur les tortures endurées par les prisonniers et détenus palestiniens.

Appel d’Addameer aux organisations internationales :

Addameer appelle le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki Moon à œuvrer pour imposer à l’occupant le respect de ses engagements  en tant que membre des Nations Unies et de son accession  à la 4ème Conférence de Genève et à sa ratification de la convention des droits de l’homme. Addameer appelle Ban Ki Moon à assurer l’application de ces engagements sur les Territoires Palestiniens particulièrement pour ce qui concerne les prisonniers et détenus palestiniens. Addameer appelle Ban Ki Moon à œuvrer pour la libération de tous les détenus administratifs, des enfants, des prisonniers malades et des  membres du Conseil Législatif actuellement détenus par Israël.

Addameer appelle la Commission des Droits de l’Homme des Nations Unies à autoriser des commissions d’investigation dans les prisons pour enquêter sur les conditions auxquelles les prisonniers sont soumis. De plus Addameer appelle la Commission des Droits de l’Homme à lancer une enquête rigoureuse concernant les plaintes des prisonniers et détenus palestiniens particulièrement celles touchant aux crimes commis par les forces spéciales de l’Autorité Pénitentiaire.

Addameer appelle le Comité International de la Croix Rouge à exécuter sa mission de protection des détenus en accord avec son mandat international qui est de garantir le traitement humain des prisonniers et détenus en accord avec les lois humanitaires.

A l’occasion de cette journée des prisonniers, Addameer relance sa campagne internationale « Stop Administrative Detention »  dans plus de 70 pays. La campagne implique des manifestations et des actions dans diverses villes du monde. Addameer a préparé des documents et des rapports judiciaires traduites dans 12 langues pour aider à la diffusion d’information sur la politique de détention administrative pratiquée par Israël.

A l’occasion de « Prisoners Day », pour  notre peuple et  nos prisonniers la très belle phrase de notre collègue Ayman Nasser détenu le 15 octobre 2012 :

«  Je soutiens les prisonniers, même si c’est au pris de ma liberté. »

Déclaration d’Adameer, Ramallah occupée, le 17 avril 2013.

http://www.addameer.org/

Traduction D.B – ccippp34

Rédigé par caroleone

Publié dans #prisonniers politiques, #Palestine libre

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article