Le poète

Publié le 11 Janvier 2014

Rouge rose le soleil nouveau monte très haut dans le ciel,

Ondule ondoie la mer dans le lointain, chariot bleu dans

ses chenaux,

Ondule ondoie le vent sur le sein de la mer jusque dans

l’intérieur des terres,

Le grand souffle régulier soufflant ouest sud-ouest,

Ondoyant et dansant avec le lait blanc de l’écume sur les eaux.

Je ne suis ni le soleil rouge ni la mer cependant,

Je ne suis pas le vent au rire de jeune fille,

Je ne suis pas l’immense vent qui revigore, non plus que

le vent qui fouette,

Non plus que l’esprit qui fustige son propre corps jusqu’à

la frayeur jusqu’à la mort,

Mais je suis l’hôte invisible qui chante, qui chante encore,

qui chante sans fin,

Qui babille aux ruisseaux, qui siffle dans les averses sur

le sol,

Celui que les oiseaux matin et soir connaissent dans le

bois,

Celui que connaissent les rivages sablonneux et la vague

chuchotante, que connaissent la bannière le drapeau

Très haut en l’air ailes battantes, ailes dépliées.

Le poète
Walt Whitman, Le tambour bat (Feuilles d’herbe) extrait

image Bob Burckardt

Rédigé par caroleone

Publié dans #La poésie que j'aime

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R
Je suis un étranger<br /> <br /> <br /> Je suis un morceau de vie<br /> Dans le tableau du monde<br /> Comme un glaçon qui fond<br /> Et l’eau qui s’évapore<br /> <br /> Je suis étranger sur une ile<br /> Loin d’une frontière invisible<br /> Je ne viens de nulle part<br /> Ils savent que j’y retournerai<br /> <br /> Tout est sans parole<br /> Sans enfance partagée<br /> Mon sang n’a pas de couleur<br /> Mon âme n’existe pas<br /> <br /> Surtout ne rien éclairer<br /> La nuit et le noir suffisent<br /> La vérité contrarie le jour <br /> Arbres et maquis étouffent les mots<br /> <br /> Mon voyage me surprend<br /> De plus en plus nu<br /> J’accepte le silence<br /> Et ma différence<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Le temps m’a pris<br /> M’a vieilli <br /> Le sable s’est écoulé<br /> Mon cuir s’est épaissi<br /> <br /> C’est long d’être un étranger<br /> De renoncer à dire<br /> D’avoir mal au corps et à l’âme<br /> C’est court une vie<br /> <br /> <br /> Dans un pli de mes souvenirs<br /> J’attends que la mer se retire<br /> Comme la vie le fera<br /> En me recouvrant<br /> <br /> Être est une fraction du monde<br /> <br /> Je suis un morceau de vie<br /> Dans le tableau du monde<br /> Comme un glaçon qui fond<br /> Et l’eau qui s’évapore<br /> <br /> Je suis un étranger
C
Merci Reunan pour ce très beau poème, il me plait beaucoup.<br /> <br /> Amitiés<br /> <br /> caroleone