Brésil : Le peuple Aweti

Publié le 5 Décembre 2013

image

 
Les aweti

Peuple autochtone du Mato Grosso au Brésil.

L’une des ethnies qui vit dans le parc indigène du Xingu (PIX).

Ils vivent dans le centre de la région du haut Xingu entre les groupes de langue arawak et les caraïbes.

Population : 192 personnes (2014)

Langue : aweti de la famille des langues tupi.

Terre Indigène

  • T.I Xingu - 2.642.003,93 hectares, 6090 personnes, réserve homologuée dans l'état du Mato Grosso. Villes principales : Feliz Natal,  Gaúcha do Norte, Querência, São Félix do Araguaia, São José do Xingu. 16 peuples y vivent : Aweti (langue aweti), Ikpeng (langue karib), Kalapalo (langue karib), Kaiabi (langue tupi), Kisêdjê (langue jê), Kuikuro (langue karib), Matipu (langue karib), Mehinako (langue arawak), Nahukuá (langue karib), Naruvotu (langue karib), Tapayuna (langue jê), Trumai (langue trumai), Waujá (langue arawak), Yawalapiti (langue arawak), Yudja (lanhue juruna).

Autodénomination : awytyza (on peut penser qu’il vient de « ayté » = l’homme, « za » indique la pluralité.

Dans la littérature ils sont connus comme « auetö »

Autres noms : awytyza, enumania, anumania, auetö.

Ils ont joué un rôle important parmi les peuples du Xingu en tant qu’intermédiaires pour passer les nouvelles et les marchandises et accueillir les voyageurs.

Le peuple Aweti vit au centre de la région du Haut Xingu.

Ils reprennent peu à peu possession de leur vie culturelle traditionnelle depuis que leur population s’est stabilisée.

Ils sont arrivés dans la région du haut Xingu bien après les autres peuples (kuikuro, kalapalo, matipu, nahukwa) et se sont installés avec des groupes arawak déjà établis dans la région (ancêtres des waura et mehinaku) entre les XVIIe et XVIIIe siècles.

Ils vivent toujours sur le territoire sur lequel ils furent découverts la première fois à la fin du XIXe siècle par l’allemand Von Den Steinen, en bordure des mares, canaux et puits formant le courant tuatuari à environ 20 kilomètres de Léonardo.

Ils changeaient de villages tous les 15 à 30 ans, tout en restant dans la même zone dans un périmètre de quelques kilomètres.

Leur village principal actuel est Tazu’jytetam « (dit village fourmi de feu) à 200 mètres de Tuatuari. Un autre village s’est construit à 7 kilomètres de ce village en 2002.

Au XXe siècle, le groupe a connu un déclin important.

En 1924, une expédition déclare qu’il reste environ 80 personnes.

En 1940, des anthropologues enregistrent moins de 30 personnes et après l’épidémie de rougeole de 1954, ils n’en restent que 23.

De nos jours…

Ils ont réussi à maintenir leur unité comme groupe distinct, leur identité linguistique malgré la forte baisse démographique qu’ils ont connue. Les traditions ont été un temps interrompues et il manque quelques coutumes comme celle des chanteurs.

Les rituels du kwarup et de la jaryas ont repris seulement en 1998 mais les jeunes manquent de connaissances.

Les mariages inter ethnies ne favorisent pas non plus la transmission de la culture car bien souvent le couple part vivre dans le village de l’ethnie non aweti pour différentes raisons.

Le village est constitué de la même façon que ceux du haut Xingu avec une douzaine de maisons dans le village principal . La maison des hommes est située dans le milieu de la clairière du village d’origine, c’est le lieu de rencontres des hommes dans lequel on trouve les flûtes sacrées « les karyti » en aweti. Ce lieu est interdit aux femmes.

Des éléments de la vie civilisée ont fait leur entrée dans les villages indigènes : la télé, la radio, le football qui joue un rôle important dans la vie quotidienne et qui est le sport le plus pratiqué dans la village dépassant même le huka-huka (lutte) traditionnel.

Il y a une école, un centre de soin nommé la pharmacie (motang UPAP) qui est situé à l’intérieur du cercle principal de maisons.

Dans les maisons vivent plusieurs familles nucléaires liées par la parenté. La famille du propriétaire de la maison (de ogitat) est composée de sa femme, ses enfants, beau-fils ou beaux-frères, personnes à charge (veuves, veufs, adultes séparés). Les leaders des groupes pratiquent la polygamie.

 

image

Il existe des tabous lors des grossesses et de l’allaitement consistant en des restrictions alimentaires en vue de protéger le bébé des influences pathogènes, des esprits. Après la naissance de l’enfant, le père doit observer une période de repos jusqu’à ce le cordon ombilical du nouveau-né soit tombé. Ensuite il y une période de réclusion.

La mère accouche accroupie avec l’aide de sa mère ou d’une tante et la délivrance doit avoir lieu à l’extérieur de la maison.

Les enfants reçoivent leurs noms de leurs grands-parents, ils seront changés au cours de la vie selon des étapes bien précises.

L’enfant qui commence à marcher et à parler devient une partie de la communauté aweti et s’il venait à mourir il ferait l’objet de cérémonies de deuil et recevrait sa tombe au milieu du village comme un adulte.

Les petits enfants passent tout leur temps avec leur mère qui les porte dans toutes leurs activités. Lorsqu’ils grandissent, ils peuvent être confiés aux tantes ou à leur grand-mère.

Les filles s’occupent des jeunes frères et sœurs, râpent le manioc.

Les garçons accompagnent le père et les oncles à la chasse et à la pêche.

Leurs jouets préférés sont les arcs et les flèches.

Les enfants sont rarement réprimandés et encore moins frappés. Ils connaissent les limites et sont responsables de leurs actes. Dans les villages on entend beaucoup les sons des rires des enfants insouciants.

Le rituel d’initiation des garçons a lieu vers l’âge de 9 ans pour renforcer le corps et l’esprit. Le rituel comporte des vomissements après la consommation de boissons toxiques, de scarifications sur le dos, les jambes et les bras qui sont rayés avec un scarificateur fait de dents de poisson chat. Le sang est essuyé avec des feuilles écrasées. Les oreilles sont percées aussi au même moment.

Le nouveau membre adulte du groupe émerge alors de cette transformation corporelle et spirituelle que chacun doit subir. Ensuite il y a une période de réclusion dans un compartiment à l’intérieur de la maison, en évitant tout contact avec la famille et le village.

Une longue période de réclusion permet au jeune homme de devenir un bon lutteur de huka-huka, renforce son prestige, augmente sa position sociale. Ceux qui devront prendre des fonctions de chefs subissent de longues périodes de réclusion.

Les femmes subissent des périodes de réclusion d’un an et demi environ. Elles doivent correspondre à l’idéal esthétique à l’issue de cette réclusion. Leurs cheveux ne seront pas coupés durant cette période laissant une longue frange arriver sur leurs yeux à l’issue de la réclusion.

Les relations extra conjugales sont assez communes et ont lieu clandestinement et discrètement ce qui n’est pas si facile dans un groupe peu important en nombre. Aussi, les hommes remboursent les faveurs accordées avec du gibier ou du poisson. Un homme peut reconnaître la paternité d’un enfant né de ses rapports y compris quand il est âgé car cela lui permet de transmettre son nom aux petits-enfants.

Un mariage peut-être annulé par l’un des partenaires. Pour se faire il suffit simplement que celui-ci aille accrocher son hamac ailleurs. Les enfants ne semblent pas traumatisés par cela, circulant entre les maisons des deux parents.

Le troisième âge

Il y a peu de personnes âgées actuellement chez les aweti à cause de la mortalité dues aux épidémies de la moitié du XXe siècle. Les personnes âgées sont actives et participent à la vie quotidienne. Les anciens ouples ont toujours leur propre culture sur brûlis, vont à la pêche et participent aux rituels et à la fabrication du sel.

Les connaissances qu’ils possèdent sont très respectées.

La mort n’est pas une négation de la vie mais une autre forme d’existence.

Le passage dans cette dernière implique toujours l’action des forces maléfiques, due à la sorcellerie ou invoqués par des ennemis. Il n’existe pas pour eux de mort naturelle même pour les personnes âgées. Les morts sont enterrés au centre du village dans leur hamac. La mort d’une lignée de chefs donne lieu au kwarup.

Activités productives

Les brûlis (ko) sont plantés par les hommes qui en sont les propriétaires avec l’aide de sa famille nucléaire.

La femme fait les récoltes.

La chasse est pratiquée par les hommes, principalement celle aux petits animaux, oiseaux, singes.

La pêche est une grande source de protéines à la saison sèche. Elle se pratique individuellement ou en famille/amis pour la pêche au timbo (nivrée).

La construction des maisons est faite par tous les hommes du village ainsi que la pêche au timbo et l’abattage des parcelles.

La production se sel végétal est une spécialité traditionnelle des aweti et participe au système d’échange du parc Xingu. Cela leur permet d’obtenir les poteries faites par les waura ou les colliers de coquillages qui sont la spécialité des groupes caraïbes.

Toutes les familles participent à la production de sel.

L’aliment de base est le manioc qui constitue la farine et le pain et le procédé de transformation est l’affaire des femmes.

Ils cultivent des piments, des patates douces, des papayes, des bananes. Le péqui est une plante importante dans les rituels du haut Xingu ainsi que la mangaba. Les aweti ont perdu l’usage de la culture du maïs.

La culture des plantes pour les rituels est aussi importante : le roucou et le genipapo pour les peintures corporelles, le coton et le palmier moriche pour les hamacs, les cordes, le chaume des maisons.

Ils fabriquent une boisson chaude sucrée à base de manioc et de patate douce, « mani’oky (perereba pour les non indiens)

Artisanat

Il est fabriqué en fonction de la division des tâches selon les sexes :

Les femmes fabriquent les hamacs et ce qui concerne les objets utilitaires.

Les hommes sont spécialisés dans la fabrication des armes, des objets rituels.

Croyances

Ils croient en l’existence d’êtres surnaturels qui apparaissent dans des mythes avec des traits humains ou animaux exagérés et monstrueux.

Les esprits sont responsables des maladies. Pour guérir il faut un processus de guérison qui entre en contact avec l’esprit par l’intermédiaire de cérémonies spéciales initiées par les chamans.

Les chamans (mopat) ont un savoir de prestige, ils peuvent interagir avec les esprits en utilisant dans les rituels de guérison les prières, la fumée de tabac qui est un symbole de communication avec les esprits, des herbes et des racines qui sont fournis par les guérisseurs. De nos jours, ils distinguent deux sortes de maladies, la maladie blanche et la maladie indiennes. Chacune est soignée avec les médecines appropriées.

Source : socioambiantal

Rédigé par caroleone

Publié dans #indigènes et indiens, #ABYA YALA, #Brésil

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article