Les mayas du Guatemala

Publié le 1 Novembre 2013

Les  mayas du Guatemala

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Si les mayas anciens ont toujours la cote sont étudiés et analysés afin de comprendre leur ingéniosité d'avant-garde et le mystère de leur disparition, il en est tout autrement de leurs descendants qui pourtant sont environ 6 millions à peupler notre monde.

Oubliés des médias aux ordres, oubliés et tenus dans une grande misère par leurs gouvernements successifs, massacrés, brimés, bizarrement ils existent que sur les cliclés des touristes.

Sur la toile c'est la désolation.

Cela fait plusieurs années que je tourne et retourne les infos en français pour essayer de "couvrir" chaque ethnie du Guatemala et en dehors de 3 ou 4, c'est bien difficile.

J'ai du mal à trouver une réponse à cette absence d'intérêt pour ces peuples.

Alors, toujours en accord avec moi-même, j'ai décidé de procéder différemment et de me baser sur un article généraliste sur les mayas d'aujourd'hui afin d'y mettre en lien plus tard les articles qui seront souvent épurés sur toutes les ethnies.

Voici donc cet article généraliste.

Merci encore à mes fidèles lecteurs..

Caroleone

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« Nous ne sommes pas des mythes du passé, des ruines dans la jungle ou dans les zoos. Nous sommes des gens et nous voulons être respectés, et non victimes d'intolérance et de racisme »— Rigoberta Menchú, 1992

Le mot maya veut dire « maïs » : certainement à l’origine du surnom d’hommes de maïs qu’ils se donnent suivant le rituel de la création.

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Le territoire
Les basses terres – Le Peten

(lac Peten Itza, Flores, lac Izabal)

C’est un territoire aux nombreuses forêts qui sont mal drainées car leur sol est pauvre et avec de nombreux marécages selon les saisons. Le climat est difficile et ne favorise pas l’installation des hommes. C’est néanmoins ici le berceau de la civilisation maya. La forêt est exploitée et le territoire actif.

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image lac Atitlan

Les hautes terres

(centre du Guatemala, lac Atitlan, Cordillère des Cuchumatanes)

L’altitude sur les plateaux va de 1500 à 2500 mètres (Sierra Madre) avec des volcans qui culminent à 4000 mètres (le Tajumulco 4220 m). Ces volcans sont actifs et provoquent éruptions et séismes importants. Le climat est plus agréable que celui des basses terres et la majorité de la population est concentrée dans cette région ainsi que les grandes villes. On y cultive le blé, le maïs, le café, les pommes de terre, on y élève bœufs, moutons et porcs.

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Le Guatemala, un pays indigène

C’est certainement le pays le plus indigène de toute l’Amérique avec 63 % de la population indigène qui le compose.

Les indiens sont surtout concentrés dans l’Altiplano dans lequel ils constituent la majorité de la population (entre 5.474.377 et 9.376.904 mayas chiffres 2009/2010)

23 langues indigènes sont parlées. Elles sont divisées en 5 grandes familles et en 7 sous-familles.

Les langues

Ils parlent toujours des langues bien définies qui appartiennent à une linguistique précise avec différents dialectes qui sont aussi variés que peuvent l’être les langages méridionaux dérivés du latin, tel le provençal ou l’espagnol. Personne n’a encore pu prouver un lien entre la famille linguistique maya et une autre langue précolombienne. Le bloc maya est resté isolé des autres ethnies.

Les plus importantes sont le quiché et le maya.

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Répartition des groupes selon les langues et localisation
  1. Le groupe CHOL (cholan-tzeltalan) - branche chol : ch’orti (30.000 locuteurs) , région orientale de Zacapa, à la frontière séparant le Guatemala et le Honduras.
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2. Le groupe KANJOBAL (kanjobalan) - branche kanjobal-jacaltèque : jacaltèque (98.300 locuteurs), q’anjob’al (145.300 locuteurs) : zone montagneuse de l’ouest.

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3. Le groupe QUICHE-MAM (quichean-mamean) - branche Grand mam : ixil-awakateco (18.000 locuteurs), ixil (69.000 locuteurs), mam (545.000 locuteurs), tacanèque (10.000 locuteurs), tektiteko (1265 locuteurs)

Branche Grand quiché : q’eqchi (kekchi 400.000 locuteurs), branche POCOM ou pocomam : poqoman (48000 locuteurs), poqomchi (92.164 locuteurs)

Branche QUICHE (quichean) : cakchiquel (450.000 locuteurs), groupe QUICHE-ACHI : achi (85.500 locuteurs), k’iché (2.300.000 locuteurs) tzutujil (83.800 locuteurs) sacalpultèque (sakapulteko 36.823 locuteurs), sipacapeno (sipakapense 8000 locuteurs), uspantèque (uspanteko 3000 locuteurs): localisation : du centre autour du lac Atitlan, partie est de la cordillère des Cuchumatanes

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4. Groupe YUCATEQUE (yucatecan), branche mopan-itza : maya itza (12), maya mopan (10.375 locuteurs) : forêt du Peten

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image de la milpa Guisquil

Mode de vie
L’agriculture

Elle domine l’économie comme c’est le cas pour toute l’Amérique centrale. L’agriculture vivrière est basée sur le maïs, le frijol et la calebasse mais aussi sur des condiments, piments, tomates, cacao.

Le maïs a joué un rôle essentiel durant l’époque précolombienne comme en témoigne l’iconographie de certaines céramiques. Il entre dans la composition de nombreux plats et d’une boisson alcoolisée qui est une sorte de bière, la chicha.

Le frijol est un haricot qui existe en quatre espèces de couleurs différentes dont la plus petite est celle qui est la plus appréciée.

Le paysan cultive toujours le maïs, élève dindons et abeilles, chasse le chevreuil et vit de la même façon que ses lointains ancêtres. Dans les zones rurales moyennes néanmoins, chaque famille est contrainte d’envoyer un ou plusieurs membres dans les fincas (grandes exploitations agricoles comme la united fruit company) principalement situées sur les côtes où les terres sont fertiles afin de faire survivre leur communauté. L’augmentation du prix du pétrole n’a fait qu’augmenter la crise économique que traverse la grande majorité de la population amérindienne.

La milpa

Le maïs qui nécessite une bonne irrigation et un fort apport en azote pour sa croissance bénéficie de celui-ci dans le sol grâce aux plants de haricots qui se servent eux des tiges de maïs pour grimper. L’espace horizontal, le sol, quand à lui est occupé par les plants de courges ou de citrouilles qui offrent une couverture végétale évitant l’érosion, conservant l’humidité et captant les insectes.

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La famille

La base de la société est constituée par la famille dite élargie comprenant parents et enfants, tantes, cousins, cousines, grands-parents. Dans la maison munie d’un patio se déroulent les activités quotidiennes. Parfois deux clans aux mêmes ancêtres s’organisent en petites maisons rapprochées.

C’est une société patriarcale dans laquelle malgré tout les époux partagent les tâches et l’autorité de la famille. La femme est respectée par les siens. La terre est le plus précieux de leurs biens car c’est un présent des dieux.

La naissance

La femme enceinte demeure longtemps dans le secret de sa grossesse, elle s’occupe de ses tâches quotidiennes mais ne participe pas aux évènements sociaux de son groupe, se sentant menacés par les esprits malins. L’accouchement se fait à domicile, le cordon ombilical est sectionné à l’aide d’un fragment de bambou dont l’extrémité est stérilisée à la bougie ou au fer rouge. La mère et l’enfant prennent un bain de vapeur puis sont couchés dans un lit enveloppés d’épaisses couvertures de laine. Durant 15 jours, le couple fait retraite (confiniamento) et observe une diète alimentaire. La sage-femme allume des bougies aux quatre coins de la maison pour remercier les dieux et les saints. Le nom donné à l’enfant peut être celui d’un aïeul ou bien celui d’un animal.

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L’enfance

Le jeune enfant est protégé par sa mère du mauvais œil, il est caché des personnes malades, des femmes enceintes et des étrangers. Le bébé porte de nombreux bracelets protecteurs constitués de dents d’animaux sauvages et de pattes d’insectes. Au bout de quelques semaines, on le nourrit d’une boisson à base de riz ou de maïs. A deux ans, il reçoit la même nourriture que ses parents.

Lors du baptême, les parents choisissent un parrain (padrino) et une marraine (madrina) qui deviendront des membres de la famille et seront chargés de l’éducation et de l’avenir de leur protégé. A deux ans, l’enfant suit ses parents dans les champs et il est chargé d’effrayer les oiseaux nuisibles aux cultures. Ensuite, le garçon travaillera à la milpa ou suivra son père sur les routes pour aller travailler dans les plantations. La fillette apprendra très tôt les tâches ménagères, la cuisine, la fabrication de la tortilla, la broderie et le tissage, le ménage.

Entre 12 et 14 ans, le garçon devient indépendant et il peut se réunir avec ses camarades dans une cabane à cet effet.

La jeune fille quand elle devient pubère est célébrée par une fête importante.

L’âge adulte

Le mariage est la plus importante institution de la société car il scelle des alliances entre deux familles et fortifie la communauté et les sentiments d’entraide.

Les filles peuvent se marier entre 15 et 18 ans.

Les garçons peuvent se marier entre 18 et 25 ans.

De nos jours, les parents ne décident plus des alliances pour les mariages. Lors des noces, de nombreux banquets se succèdent avec des danses sur plusieurs jours.

L’épouse va vivre dans la famille se son mari et le couple devra apprendre à se connaître. La jeune femme est sans cesse surveillée par sa belle-mère.

Il existe des causes de divorce : incompatibilité d’humeur, paresse ou stérilité de la femme.

L’adultère n’est pas considéré comme un drame, le mari rosse les deux coupables et son honneur est sauf.

Lors des divorces, c’est la femme qui garde les enfants.

Les anciens ont toujours une place et un rôle important dans la famille et la communauté. Entre autre ils éduquent les enfants, et prennent part aux activités artisanales. Les vieux sont respectés et écoutés, ils occupent un place honorable dans la hiérarchie civile et religieuse.

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L’habillement

Le filage (hilado)

Il se fait avec un fuseau (huso) en bois ou en terre cuite que l’on fait pivoter, l’extrémité de la tige repose sur une pierre et les fils sont enroulés sur une bobine (hilvana) puis transférées à l’ourdissoir.

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Le métier à tisser

Le plus répandu est un métier horizontal, le telar de cintura, que les femmes utilisent à la maison. Une ceinture est passée derrière les reins de la tisserande tandis que l’extrémité est fixée en hauteur, dans un arbre par exemple.

Les motifs sont empruntés à la symbolique de la création dont le Popol Vuh est encore le témoin.

Les motifs peuvent appartenir à plusieurs domaines

Motifs géométriques
  • Le losange est un symbole que les femmes mayas aiment broder sur leurs vêtements car il est le symbole de la terre.
  • La croix est le symbole maya des 4 points cardinaux
  • Le S est la représentation du serpent à plumes
  • La ligne, droite, verticale, horizontale, verticale est la stylisation de la pluie
Les motifs zoomorphes

Dans leur cosmogonie, l’homme et l’animal marchent unis pour maintenir l’équilibre du monde. Il n’y a pas de prédominance de l’homme sur l’animal.

L’animal représenté sur les costumes correspond au nahual, l’ange gardien que le chaman attribue à l’enfant dès sa naissance.

Les animaux les plus fréquemment représentés sont le jaguar, divinité solaire et les oiseaux qui ont une place prépondérante : la poule, la dinde, le paon, le canard….

Quelques exemples plus précis :
  • Le cerf appartient au panthéon quiché. Il est comparé à l’arbre de vie car sa ramure symbolise le renouvellement périodique
  • L’aigle à deux têtes est l’image du dieu kablicok
  • La chauve-souris est l’emblème de l’ancienne famille cakchiquel
  • Le scorpion représente la fertilité

On trouve aussi le coyote, le chacal, le singe, le chien, le tapir, le serpent.

Les motifs floraux

Ils sont souvent stylisés, le plant de maïs est associé ou non au colibri comme pour figurer l’expression du soleil, du monde et de l’homme. Le motif le plus significatif de la cosmogonie maya est le yaxche, l’arbre de vie, l’arbre des quatre points cardinaux.

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Les matériaux utilisés sont d’origine animale et végétale. Les coton est majoritaire. Les fibres végétales sont celles du maguey, du corozo, de l’izote, du sisal, du mezcal, du mezcalito, elles sont à la base des accessoires.

Les colorants naturels venant de teintures animales, végétales ou minérales sont utilisés depuis l’époque précolombienne mais elles tendent à être remplacées de nos jours par les fils teintées en usine.

Les teintures par couleur et leur provenance :
  • Le bleu indigo : obtenu à partir du xiquilite ou sacatinta (plantes)
  • Le rouge : extrait de cochenille et d’achiote (roucou), obtenu aussi en acidifiant le liquide de la sacatinta. Avec la grana, un hyménoptère du nopal avec adjonction de jus de citron et cuisson
  • Le marron : écorce de nonce (aliso)
  • Le vert : extrait liquide du curcuma, palo amarillo (chlorophora tinctoria) et bocconia fructescans
  • Le jaune : hydrate de fer, feuilles de mûrier, racine nommé camotillo
  • Le violet : il provient d’un mollusque nommé la plicopurpura patula que l’on trouve sur les côtes du Costa Rica et du Nicaragua, il est utilisé pour les huipils de fête et les vêtements des confréries religieuses.
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Les vêtements

Les hommes

Le pantalon d’origine espagnole descend jusqu’aux cheville ou jusqu’aux genoux avec une ceinture.

La chemise est avec ou sans col

Le chapeau est en paille ou en feutre

Ils portent des sandales de style européen avec des semelles de caoutchouc fabriquées dans des pneus.

La cape ou capisay est un manteau en épais lainage noir ou marron foncé (Huehuetenango)

Le ponchito est une pièce de laine à petits carreaux noirs et blancs, enroulé autour de la taille

Le costume maya a réussi à garder intactes ses caractéristiques et sa spécificité. Pour chaque ethnie les motifs et les ornements diffèrent mais globalement les normes sont fixées par les coutumes. Souvent au sein d’un même village les femmes s’habillent de la même manière.

Dans le passé les femmes mayas représentées sur les fresques de Bonampak portaient une tunique ample, blanche et décorée qui ressemble au huipil des femmes mayas du Yucatan actuel. Le vêtement en dehors de sa fonction utilitaire donne également des indications sur les origines ainsi que sur le rang social dans le village.

Les femmes

Le huipil

Pièce marquante de la tenue féminine, le huipil, sorte de blouse très richement ornée est sans manches mais il est très large pour couvrir une partie des bras.

Les motifs comme nous l’avons vu plus hauts sont très variés et chaque communauté à des motifs reconnaissables.

La jupe (corte, refajo, enagua, morga) est souvent longue enroulée autour des hanches, plissées et retenues à la taille par une corde.

Le collier (chachale) est un élément important de la tenue. Il est parfois en corail , terminé par une croix en argent ou de vieilles pièces de monnaie entre lesquelles sont suspendues des figurines d’argent et de petits jouets. Les femmes mayas aiment les bijoux, bracelets, colliers, boucles d’oreilles.

Les ceintures (faja, tocado) sont variées. A Totonicapan elles sont ornées d’animaux anthropomorphes sur toute la longueur. A San Pedro Sacatepek elles sont jaunes et vert.

Si les hommes sont chaussés de sandales les femmes, elles traditionnellement vont nus pieds.

Voir le dossier couleur maya sur lequel il y a de riches détails et images

Artisanat

Les femmes font de la poterie sans utiliser le tour. L’argile est modelés de bas en haut, le fond, la panse et le col puis les anses sont ajoutées après. La cuisson se fait dans un foyer ordinaire alimenté par des débris de bois et des excréments secs d’animaux.

La céramique la plus célèbre est celle de Chinantla.

Les hommes font la vannerie, des paniers(canastos) et des corbeilles (canasta) en laiche (carrizo) en palmier, en jonc, en osier et dans différentes lianes.

Ils fabriquent les nattes (petates) sur lesquelles ils dorment en fibres de jonc et avec des fibres d’espèces végétales (cabuya et escobilla).

Les fibres végétales entrent dans la confection des cordages, des hamacs, des hottes (macapal) et elles sont peintes avec des couleurs végétales (rouge, jaune et noir)

Les statuettes protectrices des mauvais esprits sont confectionnées en bois de balsa.

Les masques e nos jours sont surtout des pièces de déguisement.

Les calebasses, fruits séchés et creusés étaient avant destinés au culte des morts. Elles sont devenus objets utilitaires ; récipients, gobelets, corbeilles etc…

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La tortilla

Le maïs une fois égrené est cuit avec de la chaux. Ce procédé à l’avantage de faciliter la séparation du grain et se la peau. Après une cuisson assez longue le maïs est lavé parfois dans la pinchincha qui est une écumoire en terre cuite qui a une forme de jarre. Ensuite le maïs lavé et débarrassé de ses peaux est passé au metate (pierre à moudre) une sorte de bassin en grès incurvé. On l’écrase ensuite avec un pilon, bien qu’à présent il existe un moulin de nixtamal qui évite une corvée pénible et douloureuse. La pâte obtenue est la base de la tortilla.

Le traitement au nixtamal revêt une grande importance nutritionnelle car les consommateurs de céréales sont souvent affectés par une maladie nommée la pelagra, une avitaminose grave dont le syndrome consiste en des maladies de peau, une chute des cheveux et des dents. Cette maladie est due à la carence en vitamine PP carence typique de la pauvreté. Le procédé du nixtamal qui fixe les minéraux, les vitamines et les protéines grâce à la chaux utilisé pour la cuisson rend assimilable par l’organisme les nutriments du maïs.

Avec la pâte on fait de petites boules qui sont ensuite aplaties à la main en forme de galettes que l’on met à cuire sur le comal.

Le comal est un grand disque de terre cuite qui fait fonction de gril qui sert à cuire et réchauffer la tortilla avant de la consommer. Son complément est un jeu de trois grosses pierres qui ont cet usage exclusif.

Dans la vie familiale le fait de rapprocher les pierres du feu et d’y déposer le comal est le signal convenu de passer à table. Les tortillas sont servies dans le tol ou ustensile fabriqué à partir d’un fruit tropicale à grosse écorce évidé de sa chair.

La tortilla est l’équivalent du pain des français, elle accompagne tous les aliments et peut les substituer au besoin. Mais elle devient aussi assiette du paysan, sur laquelle il dépose sa nourriture, ou elle est découpée au cours du repas et chaque morceau modelé à la main fait fonction de cuillère ou de pince. Elle peut être grillée pour être conservée ou en faciliter le transport.

Le tamal

Il s’agit d’une pâte de maïs et parfois de haricots noirs cuite à l’étouffée dans une feuille de bananier ou de maïs ou dans les spathes de l’épi. Elle est souvent servie lors des fêtes de village ou les évènements familiaux ou pour les déplacements.

Quelques spécialités culinaires

- Atol : boisson faite de pâte de maïs cuite avec de l’eau, du sel, du sucre et du lait.

- Guaro : eau de vie

- Panela : sucre non raffiné =, brun, pain de sucre.

- Pinol : farine de maïs grillé avec laquelle on fait des boissons rafraîchissantes en mélangeant avec de l’eau, du sucre et du cacao.

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Le nahual

Chaque enfant naît avec son nahual , il est comme son ombre et c’est souvent un animal, un représentant de la terre des animaux, de l’eau ou du soleil. Tout anima à un être humain qui lui correspond, lorsque l’on tue un animal, le propriétaire de cet animal va se fâcher avec celui qui lui a tué son nahual.

Chaque jour a son nahual et c’est le jour de la naissance qui déterminera le nahual de l’enfant. Les jours sont répartis entre chiens, chats, taureaux, oiseaux.

Le jour le pire pour la naissance est le mardi, parce que c’est le jour du taureau, donc l’enfant sera coléreux. Le chat, lui aimera se disputer avec ses petits frères.

Il y a dix jours sacrés, chacun représentent une ombre, chaque ombre correspond à l’ombre d’un animal (chiens, chevaux, oiseaux, animaux sauvages, arbres etc…).

Les parents ne disent à l’enfant quel est son nahual que lorsqu’il sera sûr et non changeant, afin d’éviter qu’il ne profite pas des traits de caractère du nahual pour affirmer son autorité et sa personnalité.

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Les soins
Le temazcal ou tuj

(bains de vapeur)

C’est une coutume maya toujours préservée intacte qui se réalise dans un petit édifice à proximité de la maison. Cet endroit est mixte. On y ressent de nombreux bienfaits aussi bien pour le corps que l’esprit : la vapeur libère les toxines par la sueur, nettoie la peau, stimule les organes grâce à la température et les battements du cœur, elle adoucit la douleur et détend les muscles. Le bain de vapeur fortifie l’organisme, ouvre le cœur et amène à la guérison.

Cosmogonie, croyances

Dans les villages des montagnes, ils vénèrent encore le chaman qui est le dépositaire des vieilles croyances et des rites traditionnels.

La religion est une sorte de syncrétisme religieux entre les pratiques ancestrales et le catholicisme imposés par la colonisation. Les divinités mayas sont toujours liées à la nature : animaux, astres, plantes, phénomènes naturels.

Ils vénèrent ces divinités pour leur demander la santé, la protection, la fertilité des terres, la fécondité.

Dans le syncrétisme, il n’est pas rare que des dieux mayas soient identifiés à des dieux catholiques. Les fêtes par exemple empruntent aux deux religions des symboles communs.

Le soleil est le dieu de la lumière et de la connaissance.

La lune est une vierge associée à la pluie, à la germination, à la naissance et aux travaux des champs

La planète Vénus est la patronne de l’agriculture, de la chasse et de la pêche.

Les fêtes dirigées par les chamans sont liées à des rites agraires et elles ont lieu deux fois dans l’année. L’une entre les lois de juin et juillet juste avant la saison des pluies et l’autre en fin d’année à la saison sèche.

La mort est due aux esprits malins, à l’action d’un sorcier ou à des causes naturelles. Le défunt lavé, parfumé et habillé est couché sur une table au centre de sa maison et il est veillé par toute la famille et le chaman qui récite des prières. Des musiciens jouent et chantent des airs mélancoliques. Il est enterré ensuite dans les 24 heures.

Quelques remèdes utilisés

La chaux est utile pour soigner les maux de dents, la boue arrête les hémorragies, les pommades sont à base de graisse de tatou ou de tortue, les plantes sont utilisées en tisanes, en cataplasmes, en onguents mélangés à du beurre ou de l’huile de coco.

Le chaman

Le guérisseur possède en plus des dons de soigneur ceux d’un psychologue, il doit avoir le sens des responsabilités, les connaissances de la nature, des qualités d’abnégation, une maîtrise sans faille dans la préparation et l’administration des remèdes.

Sources : Guatemala, Copan, Belize d’Hervé Beaumont

wikipédia,

couleur maya du conseil général de Haute Marne

Moi, Rigoberta Menchu d'Elisabeth Burgos (via cocomagnanville)

Rédigé par caroleone

Publié dans #indigènes et indiens, #Guatemala

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B
je reviens du Guatemala et j'ai lu avec beaucoup d'intérêt votre blog sur les ethnies du Guatemala .La découverte de ce pays m'a beaucoup plu grâce à un Guide très intéressant et cultivé et toutes les informations que vous donnez plus haut viennent compléter mes différentes lacunes.

Vifs remerciements
C
Je vous félicite de vous intéresser ainsi aux peuples mayas, ils ont besoin d'être mieux connus et défendus pour toutes les luttes qu'ils mènent. Il y a peu de source et peu d'intérêt pour ses peuples hélas sur la toile, ce pourquoi j'essaie de fournir des sources comme je l'ai fait au tout début du blog à propos des peuples mayas du Chiapas. Merci de votre visite.
P
Bonjour, très intéressant comme article.

Moi même j'ai passé plus d'un an au Guatemala et j'étais fasciné par la culture Maya. Je suis présentement en train de faire un travail universitaire sur le Guatemala. Mon travail est basé sur le tourisme durable au Guatemala. Je me demandais si vous pourriez me donner les références sur où vous avez trouvé le nombre 63% pour le nombre d'indigènes . Je savais que le Guatemala était le pays avec la plus grande population indigène en Amérique, mais je n'arrive pas à trouver des références légitimes.

Aussi, si cela n'est pas trop demandé, je cherche toute information disponible au sujet du tourisme au Guatemala. Si vous connaissez des site web ou je pourrais trouver cette information j'en serais très reconnaissant.

Merci!!!
C
Bonsoir,

Je ne vais pas être d'un grand secours au sujet du tourisme, je n'ai pas vu passer grand chose à ce sujet, un peu plus pour le Chiapas avec l'écotourisme mais les sources au sujet du Guatemala sont toujours rares. Par contre pour le pourcentage de la population maya guatémaltèque, j'ai une source sûre qui parle de 60%. Les chiffres sont à géométrie variable car la fourchette concernant la population est vaste. Sur wikipédia les données vont jusqu'à 69% . Vous pourrez retrouver des infos sur wikipédia en regardant les notes en référence et puis sur le site ci-dessous avec ce lien concernant les données démographiques puis un autre au sujet du dossier sur la Guatemala pour lequel il y a des thèmes mis à jour nommés Monde autochtone. Bon courage à vous.

http://www.gitpa.org/PeupleFrame.htm


http://www.gitpa.org/PeupleFrame.htm
P
I knew that they were and still are a very important civilization. For all those discoveries that they made. Also they were a lot maybe thousands of thousands, The only thing that I don't like about them are the human sacrifices that they did.But I respect all that. Excellent information!
C
Bonjour,

Les descendants mayas de nos jours sont bien pacifiques et il y a longtemps que les sacrifices humains n'ont plus cours. Les mayas sont encore environ 2 millions dans le monde. Merci de votre visite

caro