Brésil : Le parc indigène du Xingu

Publié le 15 Novembre 2013

Brésil : Le parc indigène du Xingu

image NVB

 
Parc indigène du Xingu (PIX)

Dans l'état du Mato Grosso au Brésil

Sa création

Le premier découvreur des indiens du Xingu a été le médecin, ethnologue allemand Karl Von den Steinen en 1884.

Suivirent les premières colonisations, puis les premières vagues de maladie décimant les ethnies.

En 1943, le gouvernement brésilien envoie une expédition nommée Roncador-Xingu avec pour objectif d’établir le contact avec les groupes demeurant autour de la région centrale du Brésil. Cette mission est confiée aux frères Villas Boas qui auront la charge de « pacifier » et amortir le choc brutal de civilisations que tout oppose.

Le parc est créé officiellement en 1961 dans le nord du Mato Grosso, une région de transition entre le cerrado et la forêt tropicale.

Sa superficie est de 2.642.003 hectares, il est placé sous la direction de la funai (fondation nationale de l’indien) mais sous surveillance du ministère brésilien de la justice.

Le parc fut construit pour y protéger 14 ou 15 ethnies bien différentes qui vivaient dans les régions du haut Xingu (se dit chingu).

En 1997, il y avait 1200 indiens répartis dans 30 villages divisés en 17 nations. De nos jours ils sont plus de 4000.

Image ci-dessous

Brésil : Le parc indigène du Xingu

Image le rio Xingu

La région offre une belle biodiversité avec une alternance de forêts semi-décidues au sud, des savanes, des forêts denses, des champs, des forêts inondables.

La vie animale est variée et riche, jaguars, tapirs, cabiais, oiseaux, singes, cochons sauvages, poissons des rivières.

Il y a deux saisons : la saison humide d’octobre à avril et la saison sèche de mai à septembre. Les activités économiques et culturelles des indiens varient en fonction des deux saisons. A la saison sèche ils partent en expédition de pêche et de collecte et c’est aussi la saison des grandes fêtes cérémonielles.

Le parc est divisé en trois parties en fonction des populations qui le compose : vers le nord la partie dite du bas Xingu, dans le centre le moyen Xingu et dans le sud la partie du haut Xingu.

Localisation et carte des ethnies

Les ethnies du parc classées par groupes linguistiques

Il y a de nombreux échanges entre les groupes principalement en langue portugaise mais, pour autant les langues sont bien conservées. Les jeunes générations parlent même pour la plupart 4 ou 5 langues différentes. Les groupes forment une société complexe dont chaque composante possède son autonomie locale et linguistique sans qu’une institution politique supra villageoise ne régisse l’ensemble.

Famille tupi-guarani (tronc tupi)

  • Les kaiabi ou kayabi (2202 mais environ 1000 dans la réserve)

Famille juruna (tronc tupi) :

Les yudja ou juruna (348)

Famille aweti (tronc tupi, une seule langue) :
Famille arawak :

Famille karib :

Famille jê (tronc jê) :

les suya ou kisêdjê (330)

Autre famille non classée :

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Certaines ethnies sont proches culturellement comme les kaiabi, les suya et les yudja qui vivent ensemble et échangent par le biais des mariages.

Des rituels pratiqués par un groupe ont été adoptés par les autres du fait de la proximité :

  • Le kuarup dont l’origine est kamaiura
  • Le javari qui est un rituel des trumai
  • La fête des femmes du yamarikuma est une fête d’origine kamayura
File d'indiens se préparant pour le kuarup, image wikipédia

File d'indiens se préparant pour le kuarup, image wikipédia

Le Kuarup est connu dans tout le Brésil à cause de la diffusion d’une série télévisée portant son nom. Ce rituel célèbre en commun les morts d’un village et le départ définitif de leurs âmes. Des messagers vont porter les invitations à plusieurs groupes qui se rendent chez les invitants au jour fixé (dans les semaines qui précèdent les premières pluies souvent en juillet-aout) et participent au final de la cérémonie. Une compétition de lutte oppose successivement les hommes de chaque tribu invitée à ceux de la tribu hôtesse. La fête accompagnée de chants et de danses se termine par la libération des jeunes filles du village qui sortent d’une longue période de réclusion pubertaire et peuvent alors se marier. Ainsi en même temps que se clôt la période de deuil, débutent de nouvelles vies matrimoniales.

Brésil Quarup : Transformations du rituel et de la politique dans l’Alto Xingu

Antonio Guerreiro

Le célèbre Quarup - un grand rituel mortuaire pratiqué par les peuples du Haut Xingu en l'honneur des chefs décédés - a été de plus en plus considéré par les Xinguanos comme une occasion appropriée pour recevoir des visiteurs blancs afin d'obtenir des ressources matérielles, de créer des alliances politiques et d'attirer l'attention des médias sur les questions autochtones. Partant de la description de certains rituels mortuaires organisés ces dernières années, cet article examine comment l'objectivation des rituels en tant que "culture" pour les non-indigènes met en branle des processus politiques à l'échelle locale, régionale et nationale. L'intention est de comprendre comment les rituels sont devenus une charnière entre le monde blanc et la politique rituelle indigène, et comment cela peut affecter les manières de produire des personnes et des collectifs xinguanos. En outre, nous espérons mettre en lumière certains aspects des idées  xinguanas sur la chefferie et la notion de "propriétaire".

https://www.scielo.br/scielo.php?script=sci_arttext&pid=S0104-93132015000200377

Si une traduction en français de cet article vous intéresse merci de me contacter.

Le Javari est beaucoup moins fréquent, mais il n’est pas tombé en désuétude. Cette fête est décidée lorsque les Pléiades (groupe d’étoiles) apparaissent dans le ciel avant le lever du soleil. En principe mi mai ou quelquefois plus tard. Il s’agit d’honorer un mort, mais au delà de la période de « tristesse », donc bien après le Kuarup. Certains disent que l’on célèbre un champion de « Javari » (lutte spéciale utilisant comme arme un propulseur) ; d’autres parlent d’un homme qui sert illustré dans les combats ; ou d’ancien chef. Ce qui importe c’est d’obtenir l’accord formel d’un parent proche du défunt qui sera le maître de la fête et aussi l’agrément du maître permanent du Javari. Le choix des invités est important. L’organisation de la cérémonie implique deux groupes : les hôtes et les invités « adversaires ».

Le rituel de la jarya

C’est un rituel qui implique l’invitation des autres villages et qui se tient au mois de juillet. Il consiste en une série de conflits entre deux individus de chaque groupe ethnique placés environ à six mètres les uns des autres. Chacun à tour de rôle tire des flèches sur son adversaire cherchant à le frapper à partir de la taille vers le bas. Les joueurs se protègent en se cachant et en s’esquivant et sautant derrière un fagot de bois. Les fléchettes ont les pointes émoussées avec des boules en cire percées ce qui provoque des sifflements quand elles sont tirées à l’aide d’une hélice qui est utilisée uniquement dans le haut Xingu.

A la fin du tournoi un repas est partagé et près d’un bol on place les fléchettes et les hélices qui seront brisées et brûlées.

 
Le rituel du yamurikumã

La maison des flûtes cache les instruments que les femmes peuvent entendre mais ne pas voir. La nuit, quand les femmes se couchent, les hommes peuvent aller jouer de la flûte.

Les femmes inversent cette situation dans la rituel du yamurikumã qui se tient à la saison sèche et pendant lequel elles effectuent des danses avec des armes appartenant aux hommes ainsi que des ornements de plumes et des hochets aux chevilles. Les participants dansent et chantent des chants faisant référence à la sexualité masculine et il vaut mieux que les hommes alors ne soient pas présents.

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Le parc a été créé pour protéger les ethnies et l’environnement et assurer aux indiens la garantie d’un territoire( ?) et une certaine assistance médicale et scolaire de la part de l’état.

Pour autant, cela n’empêche pas les appétits financiers et expansionnistes de proliférer en son sein.

Dix ans après la création du parc indigène, en 1971, les travaux de construction de la route BR 80 (163) reliant Brasilia à l’axe Cuaiba-Santarèm puis plus tard la route BR 158 plus à l’est. L’écosystème est donc menacé sur 9000 kilomètres du parc dans le périmètre de ses routes ainsi qu’une porte d’accès aux contacts extérieurs qui introduisent des marchandises non traditionnelles et la diffusion de maladies. Les ranchs qui entourent le parc menacent l’écosystème ainsi que les éleveurs qui déclenchent intentionnellement des incendies, polluent les rivières.

Cela n’empêche pas les méga projets tel celui du barrage hydroélectrique de BELO MONTE reporté à de nombreuses occasions depuis 30 ans suite à la mobilisation des indiens et des organisations les soutenant et qui à pris son essor avec l’accession au pouvoir de Dilma Roussef.

Cela n’empêche pas dans le même secteur de voir naître également le nouveau projet de mine d’or nommé BELO SUN.

Ces projets amèneront tôt ou tard le déplacement des groupes de leur terre.

Ce pourquoi ils se mobilisent avec tant d’énergie tentant de par le monde de fédérer les citoyens du monde autour de leurs luttes, avec pour objectif premier que la prise de conscience permette de faire céder les multinationales et le gouvernement.

Notre pouvoir d’occidentaux est là justement pour mobiliser autour de ses entreprises qui viennent de nos pays du nord et polluent, saccagent les pays du sud pour le développement des pays capitalistes et hyper développés.

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Mode de vie sur la réserve
Les villages

Sur la réserve comme dans de nombreux villages d’Amazonie, les villages sont construits sur un sol de terre battue et les maisons communales disposées sur un périmètre de forme ovale avec au centre la maison des « hommes » qui est souvent appelée également maisons des « flûtes sacrées ». Car elle y recèle les flûtes qui sont toujours dissimulées aux femmes. Les hommes viennent en jouer la nuit quand les femmes dorment.

Dans le centre de la place, c’est le lieu où l’on enterre les morts, où l’on organise les rituels, où le chef reçoit les visiteurs, fait ses discours.

Les maisons ont toujours un toit recouvert de chaume, et deux portes. L’une donnant sur la place centrale, l’autre sur la forêt.

A l’intérieur y vivent une famille nucléaire constituée d’un noyau de frères, de leur famille et de cousins parallèles.

Le chef est le propriétaire de la maison commune, il est chargé de coordonner les activités de la maison et les taches quotidiennes auxquelles chacun et chacune participe.

Les premières années de mariage, le mari réside dans la maison de son épouse et aide la famille. Ensuite il repart vivre dans la famille du mari.

Dans les maisons il n’y a pas de divisions en dehors de compartiments qui servent lors des périodes de réclusion et d’isolement : réclusion des adolescents, pour les couples mariés avec des nouveau-nés, pour les veufs ou les veuves en période de deuil.

Les hamacs sont centrés autour de l’âtre et chaque famille possède des étagères pour y stocker ses affaires.

Le soir, les familles restent aux portes à discuter et chacun vaque à ses occupations, ornementation des corps, épilation, les jeunes hommes se décorent avec des peintures corporelles, les hommes âgés fument et discutent dans la maison des hommes.

Artisanat spécialisé

Chaque ethnie est reconnue par une spécialités qui lui permet de participer à un système de transactions avec les autres groupes.

  • Wauja : grands pots en céramique à fond plat, aux bordures épaisses tournées vers l’extérieur.
  • Kamaiura : arcs en bois dur noir
  • Kalapalo /kuikuro / matipu / mahukwa : colliers et ceintures de griffes de jagaurs
  • Aweti / mehinako / trumai : collecte et stockage de sel

Les échanges et les transactions se réalisent lors du moitara par les femmes lors d’une sorte de porte à porte auquel les objets sont présentés. Entre villages à la saison sèche et alors les deux sexes sont impliqués et le village qui prend l’initiative du moitara amène les objets qu’il souhaite échanger ou vendre. Avant les négociations les hommes font des matchs de lutte huka-kuka.

L’artisanat est présent dans de nombreux produits utilisant des matières variées collectées dans l’environnement : artisanat en bois surtout utilitaire, en fibres de buriti, en coton, perles, verre, laine, étain, clous, avec du colorant alimentaire.

Les produits sont vendus sur les marchés et sources de revenus.

Un projet d’alternatives économiques en partenariat avec l’ISA existe : l’ATIX qui vend entre autre la production de miel en coopérative .

Lien ATIX

image kisêdjê

Agriculture et pêche

La base de l’alimentation est liée à la consommation de poisson qui est la principale source de protéines et les produits à base de manioc.

Le manioc est cultivé dans les jardins avec la méthode de l’essartage et les activités liées à la production sont coordonnés par le chef de famille.

Les femmes récoltent les tubercules et les préparent ensuite en farine pour confectionner des bouillies et des pains qui sont consommés à tout moment de la journée et qui accompagnent les poissons grillés, la soupe de poisson.

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La pêche utilise plusieurs techniques et se fait souvent sous forme de coopération, surtout lors de la pêche au timbo (nivrée).

Pour pêcher les groupes utilisent les arcs et les flèches pour tuer les poissons piégés dans les filets.

Le poisson fait partie de l’alimentation quotidienne mais en période de pluies, il est plus rare et il est alors compensé par la consommation des produits du jardin, citrouilles, papayes, maïs, melon d’eau.

Les indiens cultivent aussi dans leurs parcelles des plantes pour les cérémonies, le roucou(colorant rouge) et le tabac ainsi que des fibres tel le coton et les calebasses pour les ustensiles et produits utilitaires.

La chasse procure une alimentation variée et une autre source de protéines et la collecte de fruits de la forêt diversifient le quotidien, mais ces activités sont secondaires.

Ce sont les hommes qui vont chasser avec la participation de l’aigle harpie.

Les collectes se font par les femmes et les enfants qui récoltent des fruits des bois mais aussi des fourmis, des œufs de tracaja, du jenipapo, du pequi, du miel et du bois de chauffage.

Les kaiabi pratiquent une agriculture sophistiquée et cultivent plusieurs espèces d’arachides, du manioc doux, des ignames, des patates douces, des bananes et des mangues.

Les yudja sont réputés pour leur production de bière de manioc fermentée.

La bière de manioc est consommée par les kaiabi, yudja, suya, trumai et ikpeng.

image chamane kaiabi

Chamanisme

Leurs croyances sont liées à la présence de nombreux esprits, ceux des plantes, des poissons, des animaux à fourrure, des étoiles, des objets, ceux associés aux flûtes sont les plus importants.

Dans leurs croyances les maladies sont dues aux esprits qui sont invisibles et n’apparaissent que pour les malades et le chaman qui entre en transe.

Le chaman contrôle les relations entre le village et le monde surnaturel, il régit les relations entre hommes et esprits, il guérit les maladies. Les personnes guéries sont alors en dette envers l’esprit qui a permis la guérison et doivent parrainer une cérémonie rendant hommage à ce dernier.

Des groupes assez homogènes image

Comme pour l’artisanat , les modes de vie sont assez semblables et des similitudes existent entre les groupes qui ont permis une vie homogène sur l’ensemble de la réserve, homogénéité qui semble maintenue par le biais de l’association autochtone des terres du Xingu (ATIX) qui organise des réunions entre tous les dirigeants de tous les groupes.

Les liens se maintiennent également grâce aux échanges et au commerce, aux mariages et aux rituels intergroupes, avec toujours pour points communes la consommation du poisson comme source de protéines animales et la valeur accordée à la générosité et à la maîtrise de soi.

Des éléments communs sont produits dans chaque ethnie, par exemple en ce qui concerne les coutumes liées au corps, l’utilisation de l’uluri, un triangle de liberté placé au-dessus du pubis et attaché à la taille par une corde en fibres de buriti. Les hommes portent les cheveux courts et coupés de forme ovale, les femmes ont une longue frange, ls ornements corporels sont souvent semblables.

Pour ce qui est des accessoires, il y a la production des bancs zoomorphes sculptés dans un seul morceau de bois, l’utilisation d’un lanceur dans le rituel du jarya, la construction des villages de forme circulaire avec de grandes malocas ovales, la maison des flûtes sacrées et la cage pour l’aigle-harpie.

enfants kuikuro

L’éducation au sein du parc

Le parc dispose de 68 enseignants issus de 14 groupes ethniques enseignants dans 36 écoles situées dans 45 villages et les postes autochtones. Ils touchent environ 1258 étudiantes.

Le projet pédagogique de l’école va de la première à la quatrième ce qui correspond aux quatre premières années de l’éducation de base. Le programme est spécifique et différencié culturellement, élaboré avec le conseil du personnel de l’éducation de l’ISA. Depuis 1994, les alphabets indigènes sont élaborés par les enseignants avec l’aide de linguistes pour écrire toutes les langues.

Les liens pour en savoir plus :

Une galerie de photos pour voir les peuples dans leur quotidien

ATIX, l'association indigène qui s'occupe des droits des peuples sur la réserve

Le lien vers la liste de l’institut socio environnemental, ISA, sur lequel vous aurez accès à tous les peuples cités.

Le site de RAONI

pour suivre toutes les infos

La pétition de Raoni contre BELO MONTE

Puis, d'autres articles à venir sur quelques-uns des peuples de la réserve du Xingu.

Sources : socioambiantal , wikipédia, le bâton de parole

« Il y a 10 ans, je suis venu pour vous expliquer ma préoccupation devant la destruction de la forêt amazonienne. Je vous avais parlé des feux, du soleil brûlant des grands vents qui souffleraient si l'homme continuait à détruire la forêt.

Vous m'avez soutenu et vous m'avez donné les moyens de démarquer nos terres ancestrales. C'est fait : c'est un territoire immense, plein de gibier, de fleurs et de fruits. C'est la plus belle forêt. Avant tout, à tous ceux qui nous ont donné de l’argent ou de l'aide, je veux dire, au nom de mon peuple Kayapo... merci... nambikwa… meikumbre.

Je suis de retour, aujourd'hui, car ma préoccupation est revenue. J'ai appris que vous aussi, à présent êtes inquiets. Les grands vents sont venus et ont détruit votre forêt. Vous avez connu la peur que nous connaissons.

Je vous le dis, si l'homme continue à détruire la terre, ces vents vont revenir avec encore plus de force... pas une fois... mais plusieurs fois... tôt ou tard. Ces vents vont tous nous détruire.

Nous respirons tous un seul air, nous buvons tous une seule eau, nous vivons tous sur une seule Terre. Nous devons tous la protéger.

Chez nous les invasions ont recommencé. Les bûcherons et les chercheurs d'or ne respectent pas la réserve. Nous n'avons pas les moyens de protéger cette immense forêt dont nous sommes les gardiens pour vous tous.

J'ai besoin de votre appui. Et je vous le demande avant qu'il ne soit trop tard.

Merci. » - le message de RAONI, 2000

image des enfants yawalapiti

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